Plus de 7.000 ouvriers de l’usine Dacia-Renault, en grève depuis lundi 24 mars pour réclamer une augmentation de salaires, ont manifesté pendant quatre heures, jeudi, dans le centre-ville de Mioveni. Depuis, les négociations ont repris avec le patronat français mais chacun semble déterminé à camper sur ses positions. D’un côté, les salariés veulent profiter du succès du modèle à bas coût Logan qu’ils produisent depuis 2004. De l’autre, les représentants du groupe Renault en Roumanie rechignent à augmenter les salaires de plus de 70% sous la pression d’un mouvement qu’ils jugent illégal.
Par Sorin Ghica

- Plus de 7.000 grévistes ont
manifesté jeudi à Mioveni
Pour leur quatrième jour de grève, les salariés de l’usine Dacia-Piteşti ont organisé une manifestation dans les rues de la petite ville de Mioveni [30.000 habitants]. Ils étaient plus de 7.000 à se rassembler, jeudi vers 10h, devant la Maison des syndicats.
En signe de solidarité avec les grévistes, des syndicalistes venus de tout le pays étaient présents lors de la manifestation : ceux de la Poste de Bucarest, Dâmboviţa, Dolj et de l’Olt, les membres des sections du Bloc national syndical de Dolj et de l’Olt mais aussi les syndicalistes d’Automobiles Craiova et d’Arcelor-Mittal de Galaţi
Première dans l’histoire syndicale de la Roumanie, des représentants de la CGT de l’usine Renault de Cléon [Seine-Maritime] sont venus parler aux grévistes des droits dont ils bénéficient en France. « Unité ! », « Voleurs ! », « Nous ne céderons pas » ou « Nous refusons la soumission aux Français », pouvait-on entendre dans la foule.
La manifestation s’est terminée vers 13h30 sur des chansons et une danse populaire synonyme d’unité [la hora]. A l’issue du rassemblement, la direction d’Automobiles Piteşti a mis une nouvelle offre sur la table : une augmentation des salaires de 16,7% [au lieu des 74% réclamés par les grévistes], ainsi qu’une alternative au système de quarts, reposant sur la constitution d’une quatrième équipe pour assurer une production continue le samedi et le dimanche. Cette proposition [rejetée quelques heures plus tard par les syndicats] aurait pu assurer à chacun une augmentation nette de 171 lei par mois [soit environ 45 euros].













