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Au Kosovo, le Petit Prince ne parle pas l’albanais standardTraduit par Nérimane Kamberi
Sur la Toile :
Publié dans la presse : 22 mars 2008
Mise en ligne : jeudi 10 avril 2008
Une traduction du Petit Prince vient d’être republiée au Kosovo, mais dans la variante guègue de la langue, ce qui suscite l’ire des défenseurs de l’albanais standard, fixé en 1965, en vérité très éloigné de la langue parlée par les Albanais du Kosovo...
Par Ragip Sylaj
Le Petit Prince est un chef-d’œuvre de la littérature mondiale dédié aux jeunes, aux élèves et à ceux qui veulent retrouver leur enfance. Dans nos écoles, comme on le sait, on étudie dans la langue littéraire ou, comme on le dit de plus en plus souvent, dans la langue standard. Le mieux aurait été que ce livre soit publié dans la langue standard, langue dans laquelle communiquent la majorité absolue des Albanais et des Albanaphones. Ainsi il y aurait eu plus de lecteurs du livre. Si cette publication était plutôt une expérimentation, ou bien s’il elle avait été dstinée ceux qui ne connaissent pas la langue standard (s’il y en a), il aurait fallu le faire à la façon de Kristoforidh : dans les deux versions de la langue [1]. En revenant en arrière, avant la réforme de 1965, je ne pense pas que nous avancerons. (...) D’après le traducteur du livre, Gjyltekin Shehu, Le Petit Prince a été pour la première fois traduit en 1965 en albanais, dans le dialecte guègue, mais cette traduction a été par la suite retravaillée et présentée dans la langue unifiée. « La traduction en guègue est plus proche de nous, plus chaleureuse, et elle est plus facilement compréhensible chez nous. » [1] Kristoforidh, natif d’Elbasan, a dédié près de quarante ans de sa vie à édifier un dictionnaire monumental, collectant non seulement les dialectes principaux, mais visitant village après village à la recherche de mots locaux. Il mourut en 1892 et confia à son fils son manuscrit, qui aurait contenu plus de 40 000 mots. Le consul de Grèce à Durrës offrit au jeune Kristoforidh une forte somme pour le manuscrit, expliquant que son gouvernement souhaitait le publier. L’offre fut acceptée, le consul reçut le manuscrit, mais loin de payer la somme prévue, il dénonça le jeune homme aux Ottomans pour propagande nationale, et celui-ci fut emprisonné pour deux ans. On ne sait pas ce qui advint du dictionnaire. |
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