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La Minuk a finalement accepté que les élections législatives de Serbie se tiennent également au Kosovo, mais elle refuse de donner son aval aux élections municipales, convoquées le même jour, et que Belgrade souhaiterait organiser dans toutes les communes du Kosovo.
« Des élections municipales de Serbie ayant lieu au Kosovo seraient illégales en vertu de la résolution 1244 du Conseil de sécurité des Nations unies », peut-on lire dans une lettre rédigée par Joachim Rücker, chef de la mission de l’ONU au Kosovo, la Minuk.
« En revanche, les élections législatives serbes pourraient y avoir lieu », ajoute cette lettre.
Joachim Rücker a ainsi répondu à un courrier envoyé par le ministre serbe du Kosovo et Metohija, Slobodan Samardžić. Sa lettre prévenait les autorités de l’Onu de l’intention de Belgrade d’organiser des élections au Kosovo le 11 mai 2008.
La Minuk a dit avoir tenu des consultations sur la question avec les membres du Groupe de contact, composé de la France, de l’Italie, de l’Allemagne, de la Russie, du Royaume-Uni et des États-Unis.
Des médias kosovars ont rapporté que la Russie aurait averti la Serbie de ne pas organiser d’élections au Kosovo le 11 mai prochain, parce que cela constituerait une violation de la résolution 1244.
« Nous avons l’appui inconditionnel du Groupe de contact », a assuré le porte-parole de la Minuk, Alexander Ivanko.
À la fin du conflit qui a opposé les forces serbes et la majorité albanaise du Kosovo de 1998 à 1999, le Conseil de sécurité avait adopté la Résolution 1244 qui plaçait le territoire disputé sous administration directe de l’Onu.
D’après la résolution 1244, le Kosovo demeure une province de la Serbie et Belgrade fait valoir que, aussi longtemps que cette résolution sera en vigueur, la proclamation unilatérale d’indépendance du Kosovo sera illégale.
Rappelons que, depuis 1999, la minorité serbe du Kosovo a eu le droit de voter aux élections en Serbie.
Aucune décision officielle n’a été prise à ce jour concernant la permission accordée aux Serbes du Kosovo de continuer à participer aux scrutins serbes après l’indépendance.
Le vice-Premier ministre du Kosovo Hajredin Kuci a par ailleurs déclaré que « l’usage de la force [n’était] pas à l’ordre du jour, seulement les leviers politiques ».
Quelques jours plus tôt, le Président du Kosovo Fatmir Sejdiu avait suggéré que « le principe de la double nationalité pourrait être appliqué », en faisant allusion aux élections législatives serbes.
Fatmir Sejdiu toutefois est resté prudent, en précisant que la tenue d’élections municipales locales organisées par les Serbes ne serait pas tolérée après la proclamation d’indépendance.
Les Serbes du Kosovo dépendent de l’aide de Belgrade pour rester dans les enclaves éparpillées dans tout le Kosovo, ainsi que dans le nord majoritairement serbe. Cette situation a créé dans les faits une administration rivale qui sape l’autorité de Pristina.
Des élections locales « ne seront pas tolérées si elles ont pour but la mise sur pied de structures parallèles », a expliqué Fatmir Sejdiu.













