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Bulgarie : démission du ministre de l’Intérieur, Rumen Petkov

Traduit par Desislava Kyurkchieva
Sur la Toile :
Publié dans la presse : 13 avril 2008
Mise en ligne : lundi 14 avril 2008
Le ministre de l’Intérieur de Bulgarie, Rumen Petkov, a donné sa démission dimanche 13 avril, suite à un scandale policier. En perspective, un remaniement ministériel qui devrait être achevé aux alentours de Pâques.

Par Uliana Koleva

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Rumen Petkov

Dimanche 13 avril, le ministre de l’Intérieur de Bulgarie, Rumen Petkov, a donné sa démission. Il a déclaré qu’il quittait le gouvernement un mois après le début du scandale policier dans lequel il a joué un rôle central.

Durant cette crise, la Commission parlementaire intérieure a déclaré que le ministre Petkov avait eu des rendez-vous non réglementés avec des personnes « intéressantes d’un point de vue opérationnel » et qu’il y avait des « fuites » d’informations des services administratifs vers des personnes du milieu criminel.

Le Premier ministre, Sergeï Stanichev, a qualifié la décision du ministre de l’Intérieur de « logique et digne » même si lui et la direction du Parti socialiste bulgare (BSP) ont longtemps affirmé que le ministère de l’Intérieur était « en cours de guérison » et que « si l’on change[ait] aujourd’hui la direction du ministère, cela rendra[it] service à ceux qui souhaitent maintenir le statu quo ».

« La raison majeure du remplacement de Rumen Petkov vient de l’extérieur : de l’Europe et des États-Unis », expliquent d’autres politiciens. Selon eux, le ministre cumulerait des « points noirs » depuis des années, s’il s’était maintenu à son poste cela aurait pu mener le pays non seulement à un rapport de la Commission européenne (CE) très critique en juin, mais aussi à une clause de sûreté.

Le porte-parole de la CE, Marc Grey, n’a pas commenté cette démission mais il a souligné pour la Radio nationale bulgare (BNR) que la Commission continuait de suivre le rythme des réformes et de soutenir le gouvernement afin que celui-ci puisse réaliser, le plus vite possible, ses engagements pour la lutte contre la corruption et le crime organisé.

Petkov a expliqué les motifs de sa démission lors d’un discours de dix minutes, à la suite de quoi il n’a pas voulu répondre aux questions. Il a répété plusieurs fois qu’avec ce geste, il souhaitait obtenir plus de stabilité politique. Il souhaite aussi assurer la tranquillité de ceux qui travaillent au sein du ministère de l’Intérieur. Il a adressé les mêmes souhaits pour son parti, le BSP, qui doit se préparer pour les élections parlementaires de 2009.

Quelques minutes plus tard, le Premier ministre Stanichev a annoncé qu’il acceptait la démission dans le contexte « d’une réparation totale du cabinet ministériel ». Selon des représentants de la majorité [le Parti socialiste] haut placés, les autres renouvellements au niveau de la structure et du personnel du gouvernement devront être achevés aux alentours de Pâques.

Il y aura aussi reconstruction du ministère de l’intérieur. « Le ministre Petkov a eu des idées très précises sur les réformes au sein du ministère de l’Intérieur, réalisées à la suite d’un long débat sociale pour que le ministère regagne confiance », a commenté Stanichev, en parlant du rapport qu’il avait exigé de Rumen Petkov. Dans ce rapport, Petkov recommande la séparation des services de renseignement du ministère de l’Intérieur et la transformation de ces services en une agence à part - alors que six mois auparavant, il s’était déclaré contre la séparation de la Direction d’information technique et opérationnelle (DOTI) et de la Direction opérationnelle de reconnaissance (DOI) du ministère de l’Intérieur.

Maintenant que Petkov a donné sa démission, les députés affirment qu’il était clair depuis le début que ce ministre n’allait pas tenir. Certains affirment que cette décision a été convenue à l’avance par la coalition, à ce titre une motion de censure a été réclamée au Parlement contre le gouvernement par l’opposition afin de savoir si la prise de décision avait été forcée.

L’opposition affirme que cette démission a été trop retardé et qu’elle ne résout pas la crise. « C’est ainsi que le gouvernement et le Premier ministre se sont mis aux côtés de la mafia face aux citoyens bulgares. Ils ont taché le visage de la Bulgarie devant l’Union européenne et devant le monde entier », ajoutent les opposants.

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