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Albanie
Appel pour la libération de Ndoc CefaPublié dans la presse : juillet 2002
Mise en ligne : dimanche 4 août 2002
Le directeur du théâtre de Shkodra est contraint de se terrer chez lui pour échapper à une vendetta qui menace sa famille. Seule une amnistie générale peut stopper la machine infernale des "reprises de sang" dans le nord de l’Albanie.
L’Espace d’un instant Albanie : appel pour la libération de Ndoc Cefa et l’amnistie générale coutumière à Shkodra Ndoc Cefa, acteur et metteur en scène, est directeur du Théâtre Migjeni, et président du Conseil municipal de la Ville de Shkodra, capitale du nord de l’Albanie. Il est notre ami, depuis bientôt une décennie. Shkodra est un haut lieu de la culture et de la démocratie albanaise. C’est là qu’est né le théâtre albanais moderne, qu’a vécu Migjeni, le Rimbaud albanais, et qu’ont eu lieu des protestations parmi les plus réprimées contre la dictature de Enver Hoxha, en décembre 91. À la chute du régime totalitaire le Théâtre Migjeni a été repris par Ndoc Cefa, qui a aussitôt réalisé la première coproduction internationale en Albanie. Il a été ensuite le représentant albanais pour les Petits / Petits en Europe orientale, projet réalisé par l’Espace d’un instant et soutenu par l’Agence intergouvernementale de la Francophonie, l’Institut international du Théâtre Méditerranéen, la Fondation Européenne de la Culture et le Conseil de l’Europe. Le Théâtre Migjeni a ainsi été le premier à rejouer à Belgrade depuis la guerre en ex-Yougoslavie. En décembre 2000, le neveu de Ndoc Cefa a assassiné à Londres un autre Albanais. Depuis, le coupable vit enfermé dans un hôpital psychiatrique en Albanie, et les représentants males de la famille Cefa de la région de Shkodra vivent enfermés dans leurs maisons, où ils sont à l’abri de la reprise du sang, la vengeance. Ndoc Cefa, représentant le plus illustre de la famille, est celui sur lequel pèsent le plus de menaces, des menaces de morts, exprimées publiquement. Car Shkodra est également proche des hautes montagnes, où depuis longtemps la présence de l’Etat est parfois relative, au profit d‚un code coutumier local, pour lequel la réconciliation est optionnelle, et la vengeance un prétexte à l’emprise d’une famille sur une autre. Les médiateurs régionaux, reconnus par la population et par les institutions officielles, ont échoué. Parmi les autres possibilités de réconciliation qu’offre le coutumier, seuls des amis de la famille de la victime et le prêtre de la paroisse catholique ont la possibilité de demander la réconciliation. On sait que le pape s’est rendu à Shkodra au début des années 90, et que la célèbre cathédrale, fierté de la communauté catholique, a été rebâtie avec les moyens nécessaires. Une autre possibilité consiste à organiser une amnistie générale, réconciliation à grande échelle. C’est possible, comme on l’a vu au Kosovo à la veille de la guerre en ex-Yougoslavie, où plusieurs dizaines de milliers de personnes se sont réconciliées le même jour, collectivement. C’est également nécessaire, car la famille Cefa est loin d’être un cas isolé, et un grand nombre d’habitants de la région vivent le même calvaire. Cette amnistie doit être déclarée par les " chefs ", la " Maison de Gjomarkaj ", et les " hommes de la bannière ". Si l’on interprète le coutumier dans un sens traditionnel, alors nous demandons aux chefs des familles du district de Shkodra, aux descendants de la famille Gjomarkaj, et à ceux qui ont la mission de servir le drapeau albanais, de convenir d’une amnistie générale. Si l’on interprête le coutumier dans un sens contemporain, alors nous demandons aux élus du district de Shkodra, à l’administration et au gouvernement albanais, de convenir d’une amnistie générale. Nous demandons donc l’intervention des autorités de la République d’Albanie et du Vatican, afin que les citoyens de Shkodra puissent circuler en toute liberté et en toute sécurité. Note de la rédaction : Nos amis de L’Espace d’un instant nous ont transmis cet appel, que nous vous invitons à reproduire, à signer et à adresser à Sa Sainteté Jean-Paul II - Cité du Vatican - 00120 Rome , et à Monsieur le Président de la République - Kabineti i Presidentit - Bulevar " Dëshmoret e kombit " - Tirana - Albanie . |