Kosovo, fragments d’impacts240 photographies N&B |
Le piège du KosovoNouvelle édition de Kosovo, année zéro |
Comprendre les Balkans. Histoire, sociétés, perspectives |
Yougoslavie, de la décomposition aux enjeux européens |
Belgrade devra envoyer l’armée pour protéger les Serbes du Kosovo, si jamais l’ONU quitte le territoire, a déclaré Tomislav Nikolić, qui affirme pourtant sa « confiance » dans la MINUK. Le dirigeant des Radicaux adopte aussi une position sur l’ASA plus modérée que celle de Vojislav Koštunica.
Alors qu’il s’adressait à ses partisans dans la ville de Kruševac, dans le sud de la Serbie, Tomislav Nikolić, le vice-président du Parti radical serbe (SRS), a affirmé ne pas craindre pour la sécurité des Serbes du Kosovo aussi longtemps que les Nations Unies seront sur place. « Mais l’ONU ne doit pas se retirer, car dans ce cas l’armée de la Serbie et la police serbe devraient retourner au Kosovo », a-t-il dit.
Le Kosovo est sous administration de l’ONU et la sécurité est assurée par des troupes de l’Otan depuis 1999, quand l’Alliance avait bombardé la Serbie et fait cesser la répression de Belgrade contre la majorité albanaise de la province. Les forces serbes avaient été obligées de se retirer du territoire.
La résolution 1244 du Conseil de sécurité de l’ONU – qui encadre la mission onusienne – envisageait la possibilité du retour d’un millier de policiers serbes dans les enclaves serbes du Kosovo, mais cette option n’a jamais été prise au sérieux dans la pratique.
Le 17 février 2008, le Kosovo a proclamé son indépendance et celle-ci a été reconnue par la majorité des grands pays du monde. L’Union européenne a aussi commencé à déployer sa nouvelle mission appelée Eulex, destinée à consolider la loi et l’ordre. La mission européenne doit remplacer l’ONU comme principale institution de supervision internationale au Kosovo.
Belgrade s’oppose à l’indépendance du Kosovo, de même qu’à la nouvelle mission de l’UE, en faisant valoir que l’ONU n’a pas donné son autorisation au déploiement de celle-ci. Tomislav Nikolić a également pressé l’UE de reconnaître que le Kosovo faisait toujours partie intégrante de la Serbie. « Vous aurez alors une Serbie amie. Sinon, vous n’aurez aucun ami en Serbie », a-t-il déclaré.
Il a cependant ajouté qu’en cas de victoire du SRS, il ne dénoncerait pas l’Accord de stabilisation et d’association (ASA), que l’UE a signée avec la Serbie le 29 avril dernier, mais que le SRS soumettrait l’accord au nouveau Parlement pour fins de discussions.
Ces déclarations contrastent beaucoup avec la promesse du Premier ministre nationaliste Vojislav Koštunica qui assure que le nouveau Parlement annulera l’ASA.
Pourtant, Vojislav Koštunica et Tomislav Nikolic semblent prêts à former une coalition après les élections législatives du 11 mai 2008. Tous deux ont sévèrement critiqué les dirigeants pro-européens qui ont signé l’ASA, en expliquant que cela équivalait à reconnaître l’indépendance du Kosovo.
La question des futures relations entre la Serbie et l’UE a entraîné la chute du gouvernement de Vojislav Koštunica en mars dernier. Les nationalistes ont appelé à un arrêt de l’intégration européenne jusqu’à ce que les États membres de l’UE reconnaissent que le Kosovo fait partie intégrante de la Serbie.
Tomislav Nikolić s’est engagé en outre à « ouvrir les portes de la Serbie à toutes les régions du monde après la victoire du 11 mai prochain ».











