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Les élections serbes vues du Kosovo : « ils ont choisi l’Europe, pas le Kosovo »

Traduit par Nerimane Kamberi
Sur la Toile :
Mise en ligne : samedi 17 mai 2008
Le Kosovo a tout lieu de se réjouir du résultat des élections en Serbie. Elles révèlent une société serbe tournée vers l’avenir, vers l’intégration européenne, et guère mobilisée par le thème du Kosovo... L’analyse de l’éditorialiste Blerim Shala.

Par Blerim Shala

Le point le plus positif des élections du 11 mai en Serbie est que, cette fois, on ne peut pas, comme l’année dernière ou après les élections présidentielles de janvier, se réfugier derrière la complexité des résultats. En 2007, en bonne part à cause du problème non résolu du statut du Kosovo, la formation du gouvernement serbe avait traîné durant quatre mois.

Cette fois-ci, les résultats sont irrévocables, et si la volonté politique des citoyens serbes est respectée, il ne sera pas difficile de trouver la bonne formule de gouvernement.

Un autre point important, qui ne sera certainement pas beaucoup pris en considération dans les analyses qui se feront en Serbie, mais qui, pour nous, à Prishtina, est plus qu’évident, montre l’importance des développements positifs en Serbie.

Boris Tadić et sa coalition l’ont emporté sur les Radicaux de manière bien plus nette que lors des élections présidentielles organisées juste avant la résolution du statut du Kosovo.

Il est clair que l’Accord de stabilisation et d’association avec l’Union européenne, la perspective d’intégration de la Serbie dans l’UE et les projets d’investissements de Fiat à Kragujevac, ont eu plus de poids en Serbie que la vaine guérilla politique et diplomatique contre l’indépendance du Kosovo.

Si les choses s’étaient passées comme l’avaient prévu les radicaux et les extrémistes serbes, les proeuropéens n’auraient pas obtenu la moitié des voix, ce dimanche, le 11 mai. C’est un argument de plus qui parle dans en faveur de l’orientation de la société serbe vers l’avenir, vers l’Europe, but qui ne peut être atteint si le thème du Kosovo continue à être traité de la même manière qu’aujourd’hui en Serbie.