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EULEX : la mission de l’Union européenne au Kosovo sur la voie de garage

Traduit par Jacqueline Dérens
Sur la Toile :
Publié dans la presse : 17 mai 2008
Mise en ligne : dimanche 18 mai 2008
L’Union européenne vient de reconnaître qu’elle risque fort de ne pas pouvoir déployer sa nouvelle mission au Kosovo de juristes et policiers à la date prévue du 15 juin. Le général français Yves de Kermabon, chef de cette mission, a reconnu que la mission était reportée sine die, du moins tant que la MINUK demeurait en fonction au Kosovo.
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Le général Yves de Kermabon

« Les choses progressent lentement, aussi nous ne seront pas pleinement opérationnel pour le 15 juin. Nous continuons le déploiement, mais nous ne serons pas complètement prêt pour le mois prochain », a admis un responsable de l’UE.

EULEX, l’une des plus importantes missions de l’Union européenne à ce jour, était supposée débuter le 15 juin, quand la phase de transition de 120 jours après la déclaration d’indépendance du Kosovo prendra fin.

Elle devrait remplacer la mission des Nations unies, la Minuk, comme principale institution de supervision internationale.

Cette mission a été contestée par la Russie qui, en tant que membre permanent du Conseil de Sécurité, s’oppose à l’indépendance du Kosovo et aussi au déploiement de la mission de l’UE.

« Le Conseil de sécurité de l’ONU est bloqué et maintenant tout dépend des discussions à l’ONU qui doit dire à la Minuk de partir. C’est simple : si la Minuk ne part pas, nous ne pouvons pas venir », explique un responsable européen.

Il y a quelques jours, le chef de la mission Eulex, Yves de Kermabon, a reconnu à l’AFP que la mission européenne était au point mort. « Il est très possible que nous n’ayons pas beaucoup progressé d’ici le 15 juin, tant que nous n’aurons pas un cadre politique plus clair », a-t-il déclaré.

Le chef de la mission aurait l’intention de se rendre au Kosovo ce dimanche pour annoncer la nouvelle « d’une manière plus feutrée ».

Des responsables européens ont confirmé que, de toute façon, Yves de Kermabon irait à Pristina pour expliquer que le déploiement de la mission est repoussé à plus tard sans que personne à Bruxelles n’ose s’aventurer à donner la moindre date. « C’est pure spéculation de dire si cela prendra des semaines ou des mois », nous a confié un responsable de l’UE.

L’actuelle Mission des Nations unies pour le Kosovo, qui administre le Kosovo depuis la fin du conflit 1998-1999 entre les forces serbes et la majorité albanaise, a indiqué qu’elle allait « reconfigurer » sa présence au fur et à mesure de l’évolution de la situation.

En attendant le feu vert du Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-Moon, la mission EULEX semble donc parquée sur la voie de garage.