Le portail francophone des Balkans

Kosovo, fragments d’impacts

240 photographies N&B

Le piège du Kosovo

Nouvelle édition de Kosovo, année zéro

Comprendre les Balkans. Histoire, sociétés, perspectives

Yougoslavie, de la décomposition aux enjeux européens

Accueil À propos du CdB Contact ( espace abonné )
Naviguez sur la carte
Slovenie Croatie Bosnie Bosnie Montenegro Albanie Macedoine Kosovo Serbie Voivodine Grece Bulgarie Moldavie Roumanie Turquie
Rubriques thématiques
réagir à cet article visualiser sous format pdf envoyer à un ami imprimer
Le Courrier des Balkans
Automne des urnes dans les Balkans
Mise en ligne : lundi 2 septembre 2002

Il y a deux ans, le 5 octobre 2000, le régime de Slobodan Milosevic s’effondrait en Serbie, et tout le monde a cru qu’une ère nouvelle allait commencer pour l’Europe du sud-est, définitivement en marche vers la démocratie. Certains pensaient que « l’histoire des Balkans » était terminée, et que la chute du « tyran » suffirait à tourner pour de bon la page des guerres et des déchirements.

Deux ans plus tard, les théâtres des crises balkaniques restent tous ouverts, et jamais les incertitudes n’ont été aussi grandes qu’en cet automne. La série d’élections que vont connaître dans les mois à venir la Macédoine, la Serbie, le Monténégro, la Bosnie-Herzégovine et le Kosovo va peut-être permettre de clarifier certains enjeux.

Les principales incertitudes entourent le sort du nouvel Etat commun de Serbie et du Monténégro, censé remplacer la République fédérale de Yougoslavie. Les discussions constitutionnelles entre les deux Etats ont progressé cet été, mais les élections prévues dans les deux républiques pourraient modifier la donne.

Le Monténégro connaîtra des élections législatives anticipées le 6 octobre. Depuis plusieurs mois, en effet, le pays n’a plus ni majorité parlementaire ni gouvernement. Quelques semaines plus tard, le mandat du Président Milo Djukanovic sera lui aussi remis en jeu. Violemment critiqué par les « unionistes » de l’opposition pro-yougoslave et par les indépendantistes radicaux de l’Alliance libérale, le camp des partisans de Milo Djukanovic a tendance à se réduire comme peau de chagrin. Dans le contexte d’une campagne électorale violente, où les questions liées au trafics mafieux tiendront une place importante, les minorités nationales du petit pays Slaves musulmans et Albanais pourraient devenir un enjeu facilement manipulable.

En Serbie, le temps de la grande unité anti-Milosevic est définitivement révolu. Les élections présidentielles du 29 septembre verront un affrontement frontal entre les partisans des réformes économiques et politiques, menés par l’actuel vice-Premier Ministre fédéral Miroljub Labus, et le camp nationaliste reconstitué autour de l’actuel Président fédéral yougoslave, Vojislav Kostunica, qui a annoncé sa candidature à la présidence de la République de Serbie. L’issue du scrutin aura des conséquences déterminantes sur les investissements étrangers en Serbie et le rythme des réformes, mais aussi sur l’attitude du pays dans les négociations avec le Monténégro et dans la gestion du dossier du Kosovo.

Placé sous protectorat international depuis juin 1999, le Kosovo connaît toujours de violents affrontements politiques. Les violences contre les minorités restent toujours tragiquement à l’ordre du jour, tandis que de nouvelles tensions apparaissent entre une part de l’opinion albanaise et la communauté internationale. L’arrestation d’anciens dirigeants de la guérilla de l’UCK, et la perspective d’éventuelles inculpations par le TPI, a mis le feu aux poudres, déclenchant de violentes manifestations depuis le mois d’août. La situation continue de surcroît d’être déterminante pour la stabilité des régions d’ancienne Yougoslavie comptant des populations albanaises, comme la Macédoine.

En Macédoine, la poursuite du processus de paix enclenché par les accords d’Ohrid, en août 2001, est entièrement suspendue aux résultats des élections générales du 15 septembre. Côté macédonien, la bataille se jouera entre la droite nationaliste de la VMRO-DPMNE, au pouvoir depuis 1998, et l’opposition social-démocrate (SDSM). Dans le camp albanais, l’Union pour l’intégration démocratique (BDI), la formation issue de la guérilla de l’UCK, va essayer de détrôner le Parti démocratique albanais (PDSH) de sa position dominante au sein de la communauté. Les rapports de force au sein des deux communautés nationales détermineront les nouvelles alliances politiques, mais les élections se préparent dans un climat de plus en plus tendue : lundi 26 août, deux policiers macédoniens ont ainsi été abattus aux abords de la ville de Gostivar. Quelques jours plus tard, des civils macédoniens étaient pris en otages. Les sondages semblent indiquer que les sociaux-démocrates macédoniens sont assurés de l’emporter, mais à l’inverse, nul n’envisage que la VMRO ne tente pas tout pour essayer de sauver son pouvoir. Dans le camp albanais, les rivalités politiques se doublent trop souvent d’enjeux économiques et mafieux, qui font régner un climat de plus en plus délétère dans les grandes villes albanaises du pays, comme Tetovo.

On pourrait poursuivre encore longtemps cette énumération des foyers de crise, et Le Courrier des Balkans vous tiendra régulièrement informés des évolutions politiques de tous les pays de la région. Nous voulons aussi essayer d’amorcer des réflexions globales sur le devenir des pays du sud-est de l’Europe.

Assurément, si les bruits de bottes se font heureusement un peu plus discrets dans la région, les problèmes de fond de ces sociétés ne sont pas réglés. Les problèmes économiques et sociaux se réduisent encore souvent à d’immédiates questions de survie pour trop de citoyens des Balkans. Les débats suscités par la justice internationale touchent de manière directe aux relations que ces sociétés entretiennent avec leur passé récent. Et ces débats sur la mémoire, qui ne font que s’amorcer, sont intrinsèquement liés au statut des minorités et à la définition du contrat social à la base de tous les Etats. Se pose aussi, en filigrane, les nouvelles questions liées à l’intégration européenne des pays des Balkans. La guerre n’est peut-être plus à l’ordre du jour, mais la « normalisation » de la situation politique, économique et sociale de l’Europe du sud-est demeure un objectif.

Avec des rubriques thématiques plus développées, notamment axées sur les questions sociales, environnementales et éducatives, avec des dossiers d’actualité sur des thèmes comme l’intégration européenne, le Courrier des Balkans essaiera de rendre compte des débats qui se font jour.

Nous ne pensons vraiment pas que « l’histoire soit terminée » dans les Balkans. Nous sommes au contraire convaincus que l’immense chantier de la démocratisation des sociétés de l’Europe du sud-est n’en est qu’à ses premiers balbutiements. Nous pensons donc que l’aide aux médias indépendants est toujours d’actualité, et le Courrier des Balkans essaiera de remplir pleinement sa fonction de pont entre les Balkans et les pays francophones occidentaux

Des initiatives nouvelles seront prises, aussi bien dans les Balkans qu’en France, en Belgique et en Suisse, et nous vous tiendrons régulièrement informés de ces projets, tandis que le site connaîtra encore beaucoup d’enrichissements. Nous allons également commencer à traiter de manière plus régulière de la Roumanie et de la Moldavie. Nous allons également commencer une couverture de la Turquie, ce grand pays historiquement liés aux Balkans et qui joue toujours un rôle crucial dans les évolutions des pays de la région. Le 3 août dernier, la Turquie a franchi une étape essentielle dans son rapprochement avec l’Europe, en abolissant la peine de mort, et en légalisant la langue kurde. Les élections prévues dans ce pays le 3 novembre prochain auront donc valeur de test sur ce choix courageux de réformes radicales.

Alors, chut ! On ne vous pas encore tout, mais vous connaîtrez beaucoup de surprises tout au long d’une année qui risque d’être très riche et très dense… Jour après jour, nous vous donnons rendez-vous sur le site.

L’équipe du Courrier des Balkans

réagir à cet article visualiser sous format pdf envoyer à un ami imprimer
>> Voir les réactions à cet article
© 1998-2008 Tous droits réservés Le Courrier des Balkans (balkans.courriers.info) - Le Courrier des Balkans, Centre Marius Sidobre, 26 rue Emile-Raspail, F-94110 Arcueil - Tél.: 09 50 72 22 26 (prix d'une communication locale) - Ce site est réalisé avec SPIP, logiciel libre sous licence GNU/GPL - À propos du Courrier des Balkans - Pour nous joindre - Politique de confidentialité