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Le Courrier de la Serbie / B92

Serbie : coalition nationaliste à la mairie de Belgrade

Sur la Toile :
Mise en ligne : mercredi 28 mai 2008
Le Parti radical serbe (SRS), le Parti démocratique de Serbie (DSS) et le Parti socialiste de Serbie (SPS) ont signé un accord de coalition au niveau de la mairie de Belgrade mercredi après-midi. Le Radical Aleksandar Vučić devrait devenir maire de la capitale serbe. Le DS, qui poursuit ses négociations au niveau national avec le SPS, rappelle que la ville de Belgrade doit faire partie d’un accord global.

(©Petar Pavlovic)Le nom du futur maire de Belgrade ne fait quasiment plus aucun doute. Il devrait s’agir du nationaliste Aleksandar Vučić, 38 ans, secrétaire général du SRS, le Parti radical de Serbie.

Après deux semaines de négociations, un accord de coalition pour former une majorité à l’Assemblée de la Ville de Belgrade a été signé ce mercredi midi entre le DSS-NS (Parti démocratique de Serbie du Premier ministre sortant Vojislav Koštunica), le SPS-PUPS-JS (coalition menée par le Parti socialiste de Serbie de feu Slobodan Miloševic) et le SRS (Parti radical dont le chef n’est autre que Vojislav Šešelj, actuellement détenu à La Haye).

Vučić a précisé que le candidat à la fonction de maire serait du SRS, et qu’il s’agirait vraisemblablement de lui-même et que le maire-adjoint serait du DSS : on s’attend à ce que cela soit Andreja Mladenović. Enfin c’est Aleksandar Antić du SPS qui est pressenti comme président du Conseil municipal. Il a affirmé qu’il souhaitait « que tout se déroule le plus démocratiquement possible » et il a assuré aux Belgradois que cette coalition allait exclusivement s’occuper de leurs intérêts et de ceux de la capitale.

Aleksandar Vučić, qui fut ministre de l’information de 1998 à 1999, soit aux pires heures de la répression contre les médias, sera donc très probablement élu 73e maire de Belgrade. Le numéro 3 du SRS a promis de renforcer la lutte contre la corruption, et d’augmenter les investissements étrangers.

Cet accord de coalition, signé en présence d’un important parterre de journalistes, n’est toutefois que la première étape, avant le vote des membres de l’Assemblée de Belgrade, dont la date reste à déterminer. Cette coalition devrait obtenir une majorité de 58 sièges sur 110.

Le représentant du PUPS (Parti des retraités de Serbie), Milan Krkobabić, a déclaré aux journalistes de B92 que le PUPS avait décidé de rejoindre cette coalition suite à l’acceptation des trois conditions suivantes : gratuité des transports en commun pour les personnes âgées de plus de 65 ans, distribution d’aides exceptionnelles aux personnes âgées dans les situations les plus difficiles, aide aux personnes placées dans des institutions de gérontologie.

DS : Tout n’est pas perdu

La porte-parole du DS Jelena Trivanova a déclaré que toutes les chances n’étaient pas perdues pour les Belgradois d’avoir une mairie d’orientation pro-européenne, et qu’elle allait prochainement en savoir plus sur la question.

Elle a ajouté que la signature de l’accord de coalition entre les radicaux, les « populaires » et les socialistes sur la formation du Conseil municipal de Belgrade n’est jamais qu’une étape et un pré-requis vers un accord global sur sa composition finale.

Trivanova a jugé que cette coalition, comme n’importe quelle autre, ne pourra prouver qu’elle détient la majorité que quand elle pourra confirmer un nombre suffisant de mandats au Conseil municipal.

« Dans ce sens, nous devons observer les futures négociations qui vont avoir lieu au niveau de la république de Serbie et au niveau de la Voïvodine, et qui devraient confirmer que la Serbie toute entière, à tous les niveaux, sera dirigée par un gouvernement pro-européen, un gouvernement de la justice sociale », a conclu Trivanova.

Pajtić : Belgrade, une partie du « lot »

Le vice-président du Parti démocrate Bojan Pajtić a déclaré peu de temps auparavant pour B92 que le partenariat de coalition avec le SPS était indispensable à tous les niveaux du pouvoir, que ce soit au niveau de l’État, des régions ou des mairies.

« Pour nous, Belgrade est une partie du « lot ». La coalition qui obtiendra Belgrade n’est pas une question qui nous laisse indifférents, bien au contraire. Le maire de Belgrade est aussi un homme politique de poids sur la scène internationale, il ne s’agit pas seulement pour lui de régler des problèmes de trottoirs et de canalisations. En Serbie, le maire de Belgrade est, en réalité, le troisième homme de l’État. »