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Sarkozy : « pas de traité de Lisbonne, pas d’élargissement européen »

Traduit par Jacqueline Dérens
Sur la Toile :
Publié dans la presse : 20 juin 2008
Mise en ligne : vendredi 20 juin 2008
En marge du Sommet européen de Bruxelles, le Président français Sarkozy a déclaré qu’il fallait stopper le processus d’élargissement, tant que les questions institutionnelles européennes ne seraient pas réglées. La Croatie, la Turquie, la Macédoine et les autres candidats potentiels à l’intégration vont-ils être les victimes du rejet irlandais du Traité de Lisbonne ? Le Premier ministre slovène Janez Janša s’oppose à la vision de Nicolas Sarkozy.
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Nicolas Sarkozy et Janez Janša

« L’UE devra mettre un arrêt à l’élargissement jusqu’à ce que soit résolue la question du rejet par l’Irlande du traité de Lisbonne, qui devait réformer les institutions européennes », a déclaré le Président Nicolas Sarkozy.

Le Premier ministre slovène Janez Janša, dont le pays assure la présidence de l’UE jusqu’au 30 juin, affirme par contre que l’impasse créée par le rejet irlandais ne devrait pas ralentir le processus d’intégration.

La Turquie et la Croatie sont actuellement en train de négocier leur accession à l’UE et plusieurs autres pays des Balkans font la queue à la porte de l’Union.

Le Président Sarkozy a depuis longtemps exprimé son opposition à l’entrée de la Turquie dans l’UE, même si l’échéance en est encore lointaine.

« Pas de traité de Lisbonne, pas d’ élargissement », a-t-il déclaré aux journalistes jeudi 19 juin, à la fin de la première journée du sommet des dirigeants européens à Bruxelles, qui a été dominé par les discussions sur le vote irlandais.

Les dirigeants de l’UE avaient finalement réussi à trouver un terrain d’entente avec le Traité de Lisbonne, après des années de déchirements pour savoir comment rendre l’UE plus fonctionnelle, mais ce traité doit être approuvé par tous les États membres pour pouvoir entrer en vigueur.

« Je trouverais très étrange qu’une Europe à 27, qui a du mal à s’entendre sur des institutions plus fonctionnelles, soit d’accord pour s’adjoindre un 28e, un 29e, un 30 ou un 31ème pays, ce qui ne ferait qu’aggraver la situation », a déclaré le Président français.

La France doit prendre la présidence de l’UE le 1er juillet 2008.

La Croatie est parmi les pays candidats celui qui est le plus avancé sur la voie de l’adhésion à l’UE, et Zagreb espère conclure ses négociations l’an prochain.

La Macédoine a le statut de candidat à l’UE et espère démarrer les discussions pour l’intégration dès la fin de cette année. Plusieurs autres pays de la région ont commencé le processus pour répondre aux critères très exigeants de l’UE.

Janez Janša, le Premier ministre de la Slovènie, pays voisin de la Croatie a déclaré aux journalistes que le vote irlandais ne devait pas retarder le calendrier d’élargissement de l’UE.

« Je ne crois pas qu’il y ait une seule raison fondamentale à que les pays candidats, qui ont respecté les règles et qui ont commencé à négocier leur intégration, ralentissent leur marche vers l’UE. Je ne vois aucune raison pour laquelle nous devrions nous concentrer maintenant sur la question de l’élargissement. L’élargissement ne doit pas être la victime des débats institutionnels ».