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Bataille du nom : la Macédoine veut inscrire la question de l’Église à l’agenda

Traduit par Jacqueline Dérens
Sur la Toile :
Publié dans la presse : 12 août 2008
Mise en ligne : jeudi 14 août 2008
Le Premier ministre macédonien Nikola Gruevski a demandé au médiateur des Nations Unies d’ajouter un chapitre au programme des négociations entre la Grèce et la Macédoine sur la question du nom. Il demande ainsi qu’Athènes reconnaisse l’Eglise orthodoxe de Macédoine. Après le veto grec sur l’adhésion de la Macédoine à l’Otan en avril dernier, Skopje reprend l’offensive diplomatique.
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Le monastère de Sveti Naum,
sur les rives du lac d’Ohrid

Le Premier ministre de Macédoine a envoyé une lettre au médiateur des Nations unies pour lui demander d’ajouter une clause au programme des négociations avec la Grèce. Il demande qu’Athènes reconnaisse l’Eglise orthodoxe de Macédoine.

Selon le quotidien Dnevnik, Nicola Gruevski aurait déclaré : « comme nous savons que beaucoup de questions seront discutées, nous demandons que celle-ci soit prioritaire sur l’agenda ».

Selon Gruevski, une des raisons de l’échec de la reconnaissance de l’Eglise macédonienne par les autres églises orthodoxes repose sur le refus par la Grèce de reconnaître le nom constitutionnel de Macédoine et sur l’influence que l’église grecque exerce sur le monde orthodoxe.

Un « lien fort » unit l’Eglise à l’Etat grec, écrit Gruevski. C’est pourquoi, explique-t-il, « j’ai choisi de lier cette question aux négociations sur le nom ».

Cette lettre est la dernière d’une longue série. Il en a déjà envoyée à la Grèce, aux Nations unies, à l’Union européenne et à l’Otan, demandant que toute une série de questions non résolues soient inclues dans les négociations en cours.

En juillet dernier, Skopje avait demandé à Athènes d’accorder une reconnaissance officielle à la minorité macédonienne vivant en Grèce. Skopje avait aussi demandé la restitution des biens des Macédoniens qui avaient fui la guerre civile grecque (1946-1949).

Les médias des deux pays ont aussi rapporté que Skopje avait suggéré à la Grèce de redonner à l’aéroport de Thessalonique son ancien nom, « Micra ». Il a depuis été renommé en « Macédoine ». Ces demandes sont considérées comme une riposte aux Grecs qui exigent que l’aéroport de Skopje abandonne le nom « Alexandre le Grand », attribué en 2007.

Les diplomates à Skopje voient dans la nouvelle stratégie de la Macédoine une riposte délibérée à la politique agressive qu’Athènes mène depuis des mois.

En avril dernier, la Grèce avait bloqué la demande d’adhésion de la Macédoine à l’Otan, sous prétexte que la question du nom n’était toujours pas résolue. Athènes avait également menacé d’utiliser la même stratégie pour la demande d’adhésion de la Macédoine à l’Union européenne. La Grèce affirme que l’utilisation du nom « Macédoine » implique une revendication territoriale sur sa province septentrionale qui porte le même nom.

Les négociateurs grecs et macédoniens doivent se rencontrer à New-York pour reprendre les discussions sous l’égide des Nations unies.