Dragan Djilas a finalement été élu maire de Belgrade après des mois de négociations. Ses partisans soulignent son passé d’opposant au régime de Milošević quand ses détracteurs mettent en doute l’origine de sa fortune financière. Quoi qu’il en soit, le nouvel homme fort de la capitale serbe devra faire ses preuves pour contenir la poussée du Parti radical à Belgrade.
Par Safeta Biševac
Deux jours avant l’expiration du délai prévu par la loi, Belgrade a finalement élu son maire et son conseil municipal. Comme on s’y attendait, Dragan Djilas s’est installé dans le fauteuil de maire de Belgrade, considéré en Serbie comme le troisième poste de l’Etat après le Président et le Premier ministre. Bien que son élection était soutenue par le gouvernement, elle apparaissait dans un premier temps comme une mission impossible. Cependant, Djilas et ses collaborateurs n’ont cessé d’avoir confiance, même avant l’accord avorté pour la formation d’une coalition entre les radicaux, le DSS et les socialistes du SPS. Ils affirmaient à l’époque qu’Aleksandar Vučić ne serait pas maire.
Dragan Djilas est né le 22 février 1967 à Belgrade. Diplômé d’une faculté de génie mécanique dans la capitale, il devient ensuite journaliste au sein de Radio Indeks et il est l’un des fondateurs de Radio B92.
Il participe activement aux manifestations contre Slobodan Milošević au cours des années 1990 et se fait connaître en temps que leader des manifestations étudiantes de 1991 et 1992. Au cours d’un entretien avec Slobodan Milošević, Djilas lui avait conseillé de rendre service au peuple serbe et de se retirer. Il est devenu membre du Parti démocratique (DS) en 2004.
Lors de l’assemblée du DS du 18 février 2006, il est élu membre de la présidence, et en juin 2006, président du Conseil municipal des démocrates belgradois. Il est fondateur de l’organisation humanitaire « Notre Serbie » et il a aussi été directeur du Bureau du Président de la République. Il a occupé le poste de ministre sans portefeuille en charge du Plan national d’investissement (NIP) dans le précédent gouvernement Koštunica
Dans les années 1990, l’opinion publique souhaitait savoir si Djilas avait des liens parentaux avec Milovan Djilas, le plus connu des dissidents de la période titiste. Aujourd’hui, les principales questions qu’on se pose concernent son imposante fortune.
C’est pourquoi, lors de la campagne préélectorale, ses adversaires politiques avait recouvert les murs de graffitis « Djilas tycoon » que les militants du candidat DS transformaient en « typhon ». Djilas ne conteste pas sa confortable situation financière, mais il affirme avoir acquis honnêtement sa richesse à l’étranger en travaillant dans le marketing. Il est certain que même après son élection, l’opposition ne cessera de poser des questions, surtout en ce qui concerne les contrats de la RTS, et il y aura probablement de nouvelles « affaires ».
Djilas n’aura certainement pas beaucoup de temps pour apporter des démentis à ces rumeurs et sa meilleure réponse à ceux qui le critiquent sera d’accomplir un travail efficace. Pour le DS, le résultat des élections de mai dernier lors desquelles les radicaux ont proportionnellement obtenu plus de voix dans la capitale que dans le reste du pays, est un sérieux avertissement pour le DS. Les démocrates ont obtenu une nouvelle chance de régner sur la capitale et il ne serait pas bon qu’ils fassent de faux pas.












