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Fatmir Sejdiu : « le Kosovo ne reconnaîtra pas les régions sécessionnistes de Géorgie »

Traduit par Jacqueline Dérens
Sur la Toile :
Publié dans la presse : 27 août 2008
Mise en ligne : jeudi 28 août 2008
Le Président du Kosovo, Fatmir Sejdiu a déclaré que le Kosovo ne reconnaitrait pas les provinces géorgiennes sécessionnistes et a affirmé que l’indépendance du Kosovo ne pouvait être considérée comme un précédent sur la scène internationale. Une position pour une fois en accord avec celle de Moscou, qui insiste sur la spécificité de la situation en Ossétie du Sud et en Abkhazie.
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Fatmir Sejdiu

Le Président du Kosovo, Fatmir Sejdiu vient de déclarer que le Kosovo ne peut servir d’exemple à la Russie pour reconnaitre l’indépendance des régions séparatistes de Géorgie, d’Ossétie du Sud et d’Abkhazie.

« Nous avons déjà dit que le Kosovo présentait des caractéristiques spécifiques. C’est un cas sui generis qui ne peut pas être utilisé comme précédent pour d’autres zones ou d’autres régions de conflit ».

Sejdiu n’a pas fait plus de commentaire sur la reconnaissance par la Russie de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie, une décision considérée par les puissances occidentales comme une violation de l’intégrité territoriale de la Géorgie, mais il a déclaré que « le Kosovo était aux côtés des grandes puissances ».

Le Kosovo, qui a été administré par les Nations unies après le conflit de 1998-1999 entre les forces armées serbes et la majorité albanaise, a unilatéralement proclamé son indépendance en février 2008, et celle-ci a été reconnue par les USA et la plupart des pays européens.`

Le ministre des Affaires étrangères russe a déclaré, mardi 26 août, que la décision de Moscou de reconnaître l’Abkhazie et l’Ossétie du sud comme des états indépendants ne pouvait être comparée à situation du Kosovo. Il avait pourtant auparavant affirmé que le soutien des Occidentaux à cette province des Balkans déclencherait des réactions sécessionnistes en chaine.

« Belgrade n’a jamais utilisé la force militaire ou mis en doute les pourparlers de paix depuis 1999, mais la Serbie a été contrariée de voir les Albanais du Kosovo soutenus par l’Occident. De même, c’est Tbilissi qui a saboté les mécanismes de règlement du conflit en Ossétie du Sud et en Abkhazie », soutient Sergev Lavrov.

La décision de Moscou fait suite aux combats entre forces russes et géorgiennes, déclenchés le 7 août, après la tentative militaire de la Géorgie de reprendre l’Ossétie du Sud par la force.

Les forces armées russes ont alors lancé une contre-offensive et le conflit a pris fin par la débâcle des forces géorgiennes, tant en Ossétie du Sud qu’en Abkhazie, des régions de facto déjà indépendantes. Un cessez-le-feu a été négocié par l’Union européenne.

La Serbie a commenté la décision russe en réaffirmant qu’elle respecterait le droit international et l’intégrité territoriale des Etats souverains. Cependant la décision de la Russie, un allié majeur de la Serbie sur la question du Kosovo, de reconnaître l’indépendance de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud met Belgrade dans une position très inconfortable.

Le Président du Kosovo a rejeté l’idée que la décision russe puisse avoir des conséquences négatives sur les efforts de Pristina pour obtenir la reconnaissance de son indépendance par d’autres pays. Les USA et la plupart des Etats de l’Union européenne sont parmi les 46 pays qui ont reconnu l’indépendance de l’ancienne province serbe.