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TPI : Florence Hartmann accusée d’outrage au tribunal

Traduit par Stéphane Surprenant
Sur la Toile :
Publié dans la presse : 27 août 2008
Mise en ligne : vendredi 29 août 2008
Le Tribunal de La Haye a accusé Florence Hartmann, la porte-parole de l’ancien Procureur en chef Carla Del Ponte, d’outrage au tribunal pour avoir divulgué certaines informations confidentielles sur la traque de Karadžić dans son ouvrage Paix et châtiment, publié à l’automne 2007. Elle est sommée de se présenter le 15 septembre prochain devant la Chambre de première instance.
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Florence Hartmann et Carla Del Ponte

La Chambre de première instance du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) a déclaré que Florence Hartmann était accusée d’outrage au tribunal pour avoir « divulgué des informations contenues dans certaines décisions confidentielles de la Cour d’appel, durant le procès de Slobodan Milošević ».

Florence Hartmann est accusée d’avoir commis le délit en question « délibérément et en toute connaissance de cause ». Elle est sommée de comparaître devant la Chambre de première instance du TPI le 15 septembre 2008. L’acte d’accusation souligne que Florence Hartmann a divulgué des renseignements dans son livre Paix et châtiment, publié en 2007, ainsi que dans son article Vital Genocide Documents Concealed [Des documents cruciaux sur le génocide dissimulés], publié par l’Institut bosniaque en janvier de cette année.

Florence Hartmann avait déjà accusé les responsables occidentaux d’avoir protégé durant sa cavale Radovan Karadžić, l’ancien dirigeant politique des Serbes de Bosnie pendant la guerre.

Ainsi, dans une entrevue accordée au quotidien Blic de Belgrade, Florence Hartmann avait soutenu qu’il « existait beaucoup d’informations concernant les allées et venues des fugitifs, mais qu’il se trouvait toujours l’un de ces trois pays, à savoir les États-Unis, le Royaume-Uni ou la France, pour bloquer les arrestations ». Elle a ajouté que le testament de Radovan Karadžić pourrait bien un jour être fort embarrassant pour les puissances occidentales et pour certains hommes d’État.

Assurant que ses propos étaient « basés sur des documents et des déclarations authentiques », Florence Hartmann a enfoncé le clou : « les opérations visant à l’arrestation des suspects étaient tantôt stoppées personnellement par [l’ancien Président français Jacques] Chirac, tantôt par [l’ancien Président américain Bill] Clinton ».

En juillet 2008, les autorités de Belgrade ont arrêté et extradé vers La Haye l’ancien dirigeant des Serbes de Bosnie, Radovan Karadžić. Il était l’un des trois fugitifs soupçonnés de crimes de guerre encore recherchés par le TPI.

Les médias ont également rapporté que Radovan Karadžić a soumis une requête, mardi 26 août 2008, pour que les procédures contre lui soient abandonnées, arguant que son procès était impossible et affirmant qu’il prouverait qu’une conspiration se trame contre sa personne.

« Outre ce qui a été établi dans les requêtes précédentes, il existe des rapports qui affirment que le Président des États-Unis, Bill Clinton, aurait proposé au Président français Jacques Chirac de m’éliminer, et ces allégations n’ont jamais été démenties », écrit Radovan Karadzic dans sa requête. Il poursuit : « de plus, depuis que j’ai la permission de recevoir des docuements par mes conseillers, je compte soumettre à la Cour des preuves irréfutables des intentions de l’Alliance atlantique […] de m’éliminer. Ces preuves proviennent de personnes jouissant d’une grande crédibilité devant ce Tribunal ».