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Sans Mladić et Hadžić, pas d’accord commercial entre la Serbie et l’UETraduit par Stéphane Surprenant
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Publié dans la presse : 15 septembre 2008
Mise en ligne : mardi 16 septembre 2008
Les Pays-Bas se sont refusés à dégeler la partie commerciale des Accords de Stabilisation et d’Association (ASA) signés avec la Serbie, tant que Belgrade n’aura pas arrêté et transféré vers la Haye Ratko Mladić et Goran Hadžić, les deux dernières personnes recherchées pour crimes de guerre durant les conflits des années 1990. Pourtant, la grande majorité des pays de l’Union européenne sont favorables à l’entrée en vigueur immédiate des accords.
L’Union européenne n’est pas parvenue à s’entendre sur l’instauration d’un accord commercial avec la Serbie en raison d’une absence de consensus parmi les États membres, a confirmé la Présidence de l’Union. « La Présidence ne cache pas qu’il existe une vaste majorité d’États en faveur d’un dégel de l’accord, mais nous n’avons pas encore l’unanimité pour le moment », a déclaré Bernard Kouchner, le ministre des Affaires étrangères français. « Il avait été difficile de geler [l’accord], et maintenant c’est la même chose pour le dégeler », a-t-il ajouté. Cette absence d’unanimité parmi les membres de l’Union européenne est le résultat de la position intransigeante du gouvernement des Pays-Bas, qui insiste sur le fait que la Serbie ne devrait pas poursuivre son intégration à l’Europe tant que Ratko Mladić et Goran Hadžić – les deux derniers fugitifs accusés de crimes de guerre pendant les conflits armés des années 1990 – ne seraient pas derrière les barreaux. Serge Brammertz, le procureur en chef du Tribunal pénal international de La Haye, s’est adressé aux ministres et, selon Bernard Kouchner, Brammertz a plus parlé « comme un expert légal que comme un politicien ». Le commissaire à l’Élargissement européen, Olli Rehn, a répété la position de la Commission : « l’arrestation de Radovan Karadžić en juillet était un geste fort. L’UE devrait permettre la mise en place d’un accord commercial intérimaire ». Suite à l’arrestation et à l’extradition par les autorités serbes de l’ancien dirigeant des Serbes de Bosnie, Radovan Karadžić, en juillet, la majorité des États membres de l’UE se sont prononcés en faveur de l’entrée en vigueur des dispositions commerciales de l’Accord de Stabilisation et d’Association (ASA). Les Pays-Bas hésitent à donner leur consentement avant que Belgrade ait arrêté et extradé vers La Haye les deux accusés de crimes de guerre qui courent toujours. L’agence de presse serbe, Tanjug, a rapporté que le ministre des Affaires étrangères des Pays-Bas, Maxime Verhagen, avait déclaré récemment que si l’arrestation de Radovan Karadžić représentait pour la Serbie un pas dans la bonne direction, cela « ne [constituait] pas encore une coopération pleine et entière avec le Tribunal de La Haye ». Cependant, la majorité des États de l’UE considèrent que le gouvernement serbe a besoin d’être récompensé pour les progrès déjà effectués. « Je fais confiance au gouvernement de Belgrade pour qu’il poursuive la coopération avec le Tribunal pénal international sur l’ex-Yougoslavie, en prenant les mesures appropriées qui mèneront à l’arrestation des derniers fugitifs, dont Ratko Mladić », a expliqué Olli Rehn. |
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