Logo le Courrier des Balkans, le portail francophone des Balkans
filet
Serbie : les meurtriers de Đinđić et de Pukanić tentent de s’enfuir de prison - Grèce : un mur contre les clandestins - Serbie : à Bujanovac, des noms de rue qui divisent - Macédoine : un gouvernement « baroque » - Serbie : la Save et le Danube pris par les glaces - 
Balkanophonie Abonnez-vous
La boutique en ligne A propos Livres ong liens Agenda
forums

Gandul

Roumanie : accusé de corruption, le ministre du Travail démissionne

Traduit par Mehdi Chebana
Sur la Toile :
Publié dans la presse : 23 septembre 2008
Mise en ligne : jeudi 25 septembre 2008
Poursuivi par la Direction nationale anti-corruption (DNA) pour perception de pots-de-vin et trafic d’influence, Paul Păcuraru a été suspendu lundi 22 septembre par décret présidentiel et a démissionné du gouvernement le lendemain après-midi sous la pression de ses collègues du Parti national libéral (PNL). C’est le troisième ministre suspendu par le Président Traian Băsescu et le sixième membre du gouvernement Tăriceanu contraint de quitter son poste.
JPEG - 15.9 ko
Paul Păcuraru

Par Liliana Ruse.

Dès lundi soir, des sources proches de la Présidence révélaient la suspension du Paul Păcuraru mais c’est mardi matin que l’information est devenue officielle. Principal motif invoqué par le Président Băsescu : la volonté de ne pas entacher la campagne officielle des candidats du PNL aux élections législatives du 30 novembre.

Dans un communiqué publié mardi, la Présidence précise que Traian Băsescu a pris cette décision « sachant que la Direction nationale anti-corruption avait lancé une procédure pénale contre le ministre du Travail accusé d’avoir perçu des pots-de-vin ».

Paul Păcuraru est accusé d’être intervenu auprès de son collègue du PNL Gorj Dan Ilie Morega afin que son fils puisse bénéficier de certains contrats. Le ministre du Travail aurait été enregistré demandant à Gorj Dan Ilie Morega d’intervenir auprès des responsables de la Société nationale de lignite Oltenia et des complexes Turceni et Rovinari pour que la société de son fils, Intratest, obtienne plusieurs contrats.

Même si Paul Păcuraru déclarait mardi matin que le Premier ministre Calin Popescu-Tăriceanu ne lui avait pas officiellement demandé de démissionner, il semble que certains proches du Président lui aient demandé de partir de sa propre initiative. Parmi eux, le ministre de l’Intérieur Cristian David mais aussi le ministre de la Santé Eugen Nicolăescu qui assurera l’intérim au ministère du Travail.

« J’ai eu une discussion avec le Premier ministre qui m’a proposé d’assurer l’intérim au Ministère du Travail » , a annoncé Eugen Nicolăescu devant le Bureau politique central du PNL. « Je lui ai expliqué que, s’il ne s’agissait que d’intérim et que cette période ne dépassait pas 45 jours, alors je pouvais accepter sa proposition. En revanche, j’ai suggéré au Premier ministre et président du PNL que la meilleure solution pour le ministère, le gouvernement et le parti était peut-être de nommer un titulaire au plus vite, ceci impliquant qu’il parle à Paul Păcuraru et qu’il convienne avec lui qu’il libère rapidement son poste afin que les projets et les programmes particulièrement importants du ministère du Travail puissent être gérés par un titulaire. »

Le message a bien été reçu par Paul Păcuraru qui était absent lors de la réunion du Bureau politique du PNL mais qui a remis sa démission par téléphone. Le Premier ministre Calin Popescu-Tăriceanu a pourtant laissé entendre que la décision venait du ministre démissionnaire lui-même.

« J’ai bien pris en considération la démission de Paul Păcuraru cet après-midi », a-t-il déclaré.« Avec les collègue du parti, nous avons décidé que c’était un geste singulier et je crois que c’est la meilleure solution. »

Pour le moment, la nomination d’un secrétaire d’État en remplacement du ministre du Travail est évoquée au sein du PNL, sachant qu’il ne reste que deux mois avant la tenue des élections législatives.