« L’argent ne tombe pas du ciel ! Si la Bulgarie n’est pas capable de gérer correctement ces fonds qui sortent de la poche des contribuables européens, c’est toute la crédibilité du projet européen qui est mise en cause », s’est exclamé un conseiller de l’OLAF, Wolfgang Hetzer.
La Commission européenne a gelé, depuis juillet 2008, plus de 600 millions d’euros d’aides à l’agriculture, aux routes et au développement régional en Bulgarie, à la suite d’inquiétudes sur des fraudes et des conflits d’intérêts.
Depuis cette date, l’OLAF a envoyé plusieurs missions en Bulgarie, à la demande de Sofia, et le gouvernement et le Parquet bulgares ont promis de diligenter des enquêtes sur l’utilisation frauduleuse des fonds européens.
« Nous offrons notre expertise, nous ne pouvons pas remplacer la justice bulgare. Nous ne sommes pas là pour condamner la Bulgarie, nous voulons aider la Bulgarie à obtenir des résultats concrets dans des cas concrets », explique Wolfgang Hetzer, ajoutant que l’OLAF ne devait pas être perçu comme un ennemi.
Wolfgang Hetzer, reprenant l’adage bien connu qui veut que trop de marmitons gâtent la sauce, a plaidé pour une meilleure coordination des différentes autorités bulgares chargées de surveiller la corruption.
Dans son dernier rapport, l’agence anticorruption Transparency International conclut que la Bulgarie est le plus corrompu de tous les États de l’Union européenne et que les efforts dans la lutte anti-corruption ont faibli depuis que Sofia a rejoint l’UE.
« La corruption est un phénomène complexe et nous ne nous attendons pas à des changements spectaculaires en six semaines ou deux mois, mais il faut absolument maîtriser cette économie grise », a déclaré le directeur pour l’Europe et l’Asie centrale de Transparency International, Miklos Marschall, en ajoutant que la classe politique devait être particulièrement surveillée.
Selon le Centre d’étude pour la démocratie, un laboratoire d’idées de Sofia, la corruption dans la fonction publique bulgare a beaucoup diminué depuis 1998, mais elle conserve néanmoins « un pouvoir très fort ». « C’est pourquoi toute tentative de réforme se trouve confrontée à une résistance très forte », estime le responsable de ce centre, Ruslan Stefanov.



















