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Trafic d’organes des Serbes du Kosovo : la justice albanaise ne veut pas ouvrir d’enquête

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Mise en ligne : mardi 28 octobre 2008
La Procureure générale d’Albanie, Ina Rama, a reçu lundi le Procureur spécial pour les crimes de guerre de Serbie, Vladimir Vukčević, en visite à Tirana. La réunion aurait été « fructueuse », mais la justice albanaise a cependant opposé une fin de non-recevoir à la demande d’ouverture d’une enquête sur les allégations de déportation de Serbes du Kosovo en Albanie et d’éventuels trafics d’organes.

(Avec B92, BIRN, AFP) - Vladimir Vukčević voulait obtenir le soutien de la justice albanaise pour enquêter sur les allégations qui ont été formulées par l’ancienne Procureure générale du TPI, Carla Del Ponte, dans son livre autobiographique.

Selon Carla Del Ponte, environ 300 prisonniers serbes auraient été kidnappés par l’Armée de libération du Kosovo (UCK) durant la guerre de 1998-1999 et déportés en Albanie, où ils auraient été assassinés et où leurs organes auraient été prélevés pour être revendus.

Au printemps dernier, les autorités du Kosovo et d’Albanie ont rejeté ces accusations, en affirmant qu’il s’agissait de purs mensonges et ont refusé d’ouvrir une enquête.

Vladimir Vukčević a présenté de nouvelles preuves lundi à Tirana à la procureure albanaise Ina Rama. « Nous avons apporté (à Tirana) des nouvelles informations et des preuves », a déclaré à l’AFP Bruno Vekarić, le porte-parole de Vladimir Vukčević.

« Selon nos estimations, il existe suffisamment de preuves pour ouvrir une enquête en Albanie, il s’agit de crimes de guerre, peut-être liés au crime organisé », a indiqué Bruno Vekarić.

Bruno Vekaric, qui a qualifié la réunion de « succès », a précisé que la justice albanaise avait « tiré un trait sur ce dossier en 2005 après que les enquêteurs du TPI eurent terminé leurs investigations ».

« Nos positions sur l’évaluation des preuves et des faits sont opposées, mais la réunion a été constructive », a poursuivi Bruno Vekaric en ajoutant : « nous n’avons pas la même opinion, mais nous nous comprenons en tant que professionnels ».

Le porte-parole a précisé qu’un accord sur la marche à suivre à propos de ce dossier avait été convenu lors de la réunion de Tirana.

A la mi-mai, le parquet albanais s’était déclaré prêt à coopérer avec le TPI pour l’ex-Yougoslavie si ses experts voulaient entamer des enquêtes en Albanie sur les informations publiées dans ce livre.

Il avait rappelé que les enquêtes préliminaires entamées sur le sujet par des juges d’instruction du TPI venus en Albanie en février 2004 n’avaient débouché sur aucun indice permettant de confirmer les accusations à l’encontre des Albanais.

Mardi soir à 21 heures, la télévision B92 diffuse un reportage exclusif sur cette affaire : B92 istražuje