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Bosnie : toujours pas de consensus sur le recensement prévu en 2011

Traduit par Mariama Cottrant
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Publié dans la presse : 28 octobre 2008
Mise en ligne : mardi 28 octobre 2008
En Bosnie-Herzégovine, aucun recensement n’a été effectué depuis 1991. Les conséquences du nettoyage ethnique sont donc largement méconnues. Pourtant, les partis politiques principaux n’arrivent toujours pas à se mettre d’accord sur l’organisation d’un recensement en 2011, année européenne du recensement. Les Bosniaques refusent que les appartenances religieuse, nationale et linguistique apparaissent, et les Croates souhaitent que le recensement ne soit effectué qu’une fois que la réforme constitutionnelle sera terminée.

Par Almir Terzić

Après avoir accepté la position négative de la commission compétente, les délégués des peuples bosniaques et croates ont refusé la proposition de loi sur le recensement, contestant ainsi la procédure parlementaire en cours à la session d’hier à la Chambre des peuples du Parlement de Bosnie-Herzégovine. Il a été estimé qu’un recensement était nécessaire, et serait effectué en 2011, en même temps que les autres pays des Balkans et d’Europe, mais pas de la manière prévue.

Les délégués du groupe bosniaque se sont opposés à l’article qui stipule que le recensement ferait apparaître les appartenances religieuses, nationales et linguistiques. Comme l’a déclaré Alma Čolo, ces éléments ne sont pas mentionnés dans les recommendations de l’Union européenne.

Pour Bože Rajić, de la délégation croate, on ne peut pas faire de recensement tant que la réforme constitutionnelle ne sera pas terminée, mais il n’est pas d’accord avec les délégués bosniaques sur le fait que la question de la langue ne devrait pas figurer, ainsi que les appartenances religieuses et nationales. Ivo Miro Jović a estimé que ce n’était pas le bon moment pour cela.

« Ce sont justement les Croates qui sont le plus favorables à un recensement, parce qu’il montrerait qu’il manque environ 40% de Croates en Bosnie-Herzégovine, et qu’ils sont donc les plus grands perdants de la guerre », a déclaré Jović.

Drago Ljubičić, de la délégation serbe, a souhaité dire qu’il ne fallait pas « refuser le fait qu’en Bosnie-Herzégovine vivent des Bosniaques, des Croates et des Serbes, et que dans notre pays on parle bosniaque, croate et serbe ». Il estime que ces éléments sont indispensables à un recensement.