Préoccupée par une crise politique politique apparemment permanente, l’Union européenne a lancé une série de mesures destinées à ramener la Bosnie en difficulté sur le chemin européen.
L’Union européenne (UE) a présenté aux dirigeants bosniens un rapport de suivi plutôt catastrophique et a envoyé séparément une lettre exprimant ses « fortes préoccupations » au sujet des développements dans le pays. Les principaux responsables de l’UE ont également préparé un projet de nouvelle stratégie pour la Bosnie.
« Ce dont nous avons été témoins au cours des derniers mois en Bosnie-Herzégovine n’est pas compatible avec les valeurs européennes », a déclaré mercredi aux journalistes Dimitris Kourkoulas, le chef de la mission de l’UE en Bosnie-Herzégovine, après avoir présenté le rapport de suivi au gouvernement de Bosnie. « La situation actuelle risque malheureusement non seulement de retarder, mais également de menacer votre avenir européen. »
Le rapport de suivi a relevé que peu ou pas de progrès ont été accomplis dans le pays depuis le 16 juin, date de la signature de l’Accord de stabilisation et d’association (ASA) avec l’UE, qui avait été salué comme le premier pas concret de la Bosnie sur le chemin de l’Europe.
Jusqu’ici, les dirigeants bosniens n’ont fait que peu de commentaires publics sur le rapport. Le Premier ministre Nikola Spirić a dit qu’il allait d’abord « lire le rapport en détail ».
En plus du rapport, l’UE a envoyé une lettre aux dirigeants Bosniens, leur demandant de débloquer les principales réformes politiques et économiques, pour montrer qu’ils sont intéressés et prêts pour une adhésion à l’UE.

- Javier Solana, Bernard Kouchner et Olli Rehn
« Nous sommes très préoccupés par le climat politique créé par vos responsables à tous les niveaux : encourager les peurs et les divisions au lieu de chercher à rassembler va à l’encontre du projet européen », précise une lettre envoyée par la présidence française de l’UE, au nom d’Olli Rehn, le Commissaire à l’Élargissement, et de Javier Solana, le chef de la diplomatie européenne.
En plus de la lettre, Olli Rehn et Javier Solana ont également préparé une « nouvelle stratégie » pour la Bosnie, dont le but est de mettre fin à deux années de blocage politique et de remettre le pays sur le chemin de l’Europe. Les ministres européens des Affaires étrangères sont amenés à examiner, et probablement à approuver cette stratégie le 11 novembre.
« Un manque de consensus sur les réformes principales, une rhétorique enflammée et des visions dissonantes de l’État ont une fois de plus freiné les réformes », juge le rapport en sept points, qui soutient que « le statu quo est invivable, mais que rien ne changera tant que la communauté internationale ne changera pas les paramètres de sa présence et de son approche ».
Les élections locales du 5 octobre dernier ont conduit à un regain de rhétorique nationaliste belliqueuse de la part des partis politiques représentant tous les groupes etnhiques.




















