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EULEX : cafouillages inter-européens autour du déploiement de la future mission au KosovoTraduit par Stéphane Surprenant
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Publié dans la presse : 7 novembre 2008
Mise en ligne : lundi 10 novembre 2008
Un haut fonctionnaire de la Commission européenne, Pierre Mirel, a affirmé vendredi que Bruxelles acceptait les conditions de Belgrade : Eulex devra avoir l’approbation du Conseil de sécurité des Nations Unies, sera « neutre » quant au statut du Kosovo et n’appliquera pas le plan Ahtisaari. Des propos immédiatement démentis par l’Émissaire de l’UE au Kosovo, Pieter Feith... Les chefs de la diplomatie européenne se réunissent aujourd’hui à Bruxelles. EULEX devrait être opérationelle en décembre.
L’envoyé spécial de l’Union européenne au Kosovo a rejeté les affirmations de la presse prétendant que les Européens auraient accepté les conditions posées par Belgrade au déploiement de la nouvelle mission de l’Union européenne au Kosovo, chargée de veiller à « la loi et l’ordre ». « Les commentaires attribués à un haut fonctionnaire de la Commission européenne, rapportés dans certains médias, ne reflètent pas la position officielle de l’Union européenne », a déclaré Pieter Feith, le représentant spécial de l’Union européenne au Kosovo. Il réagissait aux propos qu’aurait prononcés vendredi Pierre Mirel, directeur de la section Balkans occientaux de la Commission à l’élargissement de l’UE. « L’UE a accepté que le déploiement de la mission EULEX fasse l’objet d’une approbation par le Conseil de sécurité de l’ONU, que cette mission soit neutre quand au statut du Kosovo et ne soit d’aucune manière liée au plan Ahtisaari », aurait dit Pierre Mirel, après sa rencontre avec le vice-Premier ministre de la Serbie, Božidar Djelić. Pierre Mirel a ajouté qu’un compromis portant sur l’EULEX devrait être trouvé afin que tous les habitants du Kosovo bénéficient également de cette mission. Après la rencontre, Božidar Djelić a expliqué aux journalistes que les pourparlers sur EULEX entre la Serbie et l’UE étaient conduits par les Nations Unies et qu’une décision sur la question serait prise à New York. Il a poursuivi en disant espérer que la question puisse être débattue lors de la prochaine réunion du Conseil de sécurité, prévue le 11 novembre. Dans une entrevue récemment accordée au Balkan Insight, le ministre des Affaires étrangères de Serbie Vuk Jeremić a réitéré la position de son pays, à savoir que Belgrade approuvera la mission de l’UE sur l’instauration d’un État de droit au Kosovo seulement si celle-ci adopte une « position neutre à l’égard du statut de notre province ». Belgrade ne s’est pas opposé directement à la « reconfiguration » de la présence internationale au Kosovo mais, pour la Serbie, « EULEX doit obtenir l’aval du Conseil de sécurité de l’ONU et ne sera pas chargée de mettre en œuvre le plan Ahtisaari ». Ce plan avait été élaboré par l’envoyé spécial de l’ONU au Kosovo et a servi de base à la proclamation d’indépendance du Kosovo, en février dernier. Pierre Mirel a précisé que « les conditions d’adhésion de la Serbie à l’UE sont on ne peut plus claires », faisant allusion aux déclarations de Vuk Jeremić à ce sujet. « La Serbie a toujours les mêmes priorités politiques, c’est-à-dire protéger son intégrité territoriale, et elle ne reconnaîtra pas l’indépendance du Kosovo, même si elle va tenter de se joindre à l’UE le plus tôt possible », a rappelé par la suite Božidar Djelić aux journalistes. |
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