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BIRN

Un prêtre catholique critique la police de Republika Srpska

Traduit par Marion Michelin
Sur la Toile :
Publié dans la presse : 11 novembre 2008
Mise en ligne : jeudi 13 novembre 2008
L’insécurité est toujours de mise pour les réfugiés qui tentent en Bosnie de revenir dans les régions où ils habitaient avant la guerre. Dans une lettre au gouvernement, un prête de l’Église catholique habitant en Republika Srpsrka se plaint des violences qu’il subit de la part de la police de Derventa.
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Le père Filip Maršić au cours d’une messe en juillet 2008

Un prêtre catholique de Derventa, une ville du nord de la Bosnie, a écrit une lettre au gouvernement critiquant la police serbe de Bosnie pour son comportement incorrect, estimant qu’il s’agit de l’un des problèmes principaux qui empêche le retour des réfugiés dans cette zone.

Dans cette lettre au ministre de l’Intérieur de Republika Srpska, Stanislav Čađo, le prêtre de l’église catholique romaine de Derventa, Filip Maršić, s’est plaint que la police locale avait non seulement échoué à protéger son église à plusieurs reprises, mais l’avait également maltraité lorsqu’il avait fait appel à elle.

Dans la même région deux autres agressions contre des Croates de Bosnie et leurs maisons ont été enregistrées au cours des six derniers mois.

Environ 13 ans après la fin de la guerre de Bosnie, les incidents ethniques ou religieux ne sont pas très fréquents dans le pays. Pourtant, ils se produisent de manière occasionnelle, indiquant que des tensions subsistent dans certaines régions et entre certaines personnes. C’est l’une des principales raisons pour lesquelles le retour de près de deux millions de personnes – déplacées à l’intérieur du pays ou à l’étranger pendant la guerre – n’est pas complètement terminé. On estime aujourd’hui qu’environ un million de réfugiés et de déplacés internes sont retournés dans les habitations qu’ils occupaient avant la guerre.

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Retour de réfugiés, région de Derventa
photo © UNHCR

Une police professionnelle et impartiale est un élément essentiel pour assurer la sécurité des minorités ethniques dans le pays, c’est pour cela qu’au cours de la dernière décennie, la communauté internationale a mené un audit approfondi et une réforme des forces de police locale.

Cependant, le prêtre Filip Maršić estime que la police de Derventa a régulièrement échoué à protéger son église contre des actes de vandalisme. De plus, Filip Maršić a ajouté qu’il avait été agressé verbalement par un serbe de Bosnie alors qu’il rendait visite, durant le week-end, à une famille croate de Bosnie revenue. Cette fois-ci, une patrouille de police est venue seulement 40 minutes plus tard, après qu’il ait directement appelé le chef de la police locale.

Dans sa lettre, Filip Maršić a dit qu’il avait déjà fait appel à la police locale pour demander une protection, mais que celle-ci n’était jamais venue. Cette fois là, alors qu’il appelait la police, un agent lui avait dit que ce « n’était pas son pays » et qu’il « en avait marre » de ses appels.

« Il n’est pas étonnant que les gens ne reviennent pas dans ces régions si les personnes qui sont sensées me protéger m’agressent de cette manière », a dit Filip Maršić dans sa lettre.