
- Près de cinq mille manifestants à Pristina (© BIRN)
Sous le slogan « Protégeons la souveraineté », les manifestants, partis de la Bibliothèque nationale du Kosovo, sont passés par le Parlement du Kosovo dans le but de soutenir la légitimité des institutions de Pristina, pour achever leur marche devant les locaux de la Mission des Nations unies au Kosovo (Minuk).
Xhavit Jashari, le leader de l’Association pour les familles des martyrs de l’Armée de libération du Kosovo, Alban Bokshim, de l’organisme de surveillance anti-corruption Cohu, mais aussi Albin Kurti, le leader du mouvement indépendantiste Vetëvendosja, se sont exprimés devant les manifestants.
« Après 12.000 victimes au Kosovo, 20.000 femmes violées et un million de déportés, la Serbie essaye toujours de reprendre le contrôle du Kosovo », a déclaré Albin Kurti.
Chacun des orateurs a souligné qu’il était de la responsabilité des institutions de Pristina de protéger la Constitution, alors que l’acceptation du plan en six points ne ferait que tourner en ridicule l’indépendance du Kosovo.
Selon eux, à travers ce plan, c’est la Serbie qui cherche à revenir au Kosovo.
Les manifestants se sont regroupés pour reproduire la forme de la lettre « S », symbolisant la souveraineté du Kosovo.
Cette manifestation intervient alors que Pristina subit des pressions diplomatiques pour donner son accord au plan en six points négocié entre l’Onu et la Serbie, afin de répondre aux réserves de la Serbie quant au déploiement de la mission européenne, nommée Eulex.
Ce plan a été rejeté par le Président du Kosovo, Fatmir Sejdiu, comme par son Premier ministre, Hashim Thaçi, bien que l’ex-ministre des Affaires étrangères serbes ait annoncé que le plan n’était pas négociable.
Le Kosovo, qui a unilatéralement déclaré son indépendance de la Serbie en février dernier, indépendance reconnue par la plupart des États membres de l’Union européenne, reproche au plan en six points de s’appuyer sur la résolution 1244 du Conseil de sécurité de l’Onu. Cette résolution, passée à la fin du conflit de 1998-1999 entre les forces serbes et la majorité albanaise du Kosovo, cite le Kosovo en tant que province méridionale de la Serbie, et non en tant qu’État indépendant.
La Serbie s’oppose à ce que l’Union européenne déploie une nouvelle mission civile au Kosovo en remplacement de l’administration onusienne, à moins que le statut de la mission ne soit neutre, et ne mette pas en vigueur le plan de l’ancien envoyé de l’Onu Martti Ahtisaari – lequel prévoit pour le Kosovo une indépendance supervisée par la communauté internationale.
Belgrade demande également à ce que la mission soit validée par le Conseil de sécurité de l’Onu, dans lequel il peut compter sur un allié puissant disposant du droit de veto – la Russie.
La proposition envisage le remplacement progressif de la mission administrative de l’Onu au Kosovo, la Minuk, établie dans la province depuis 1999, par une mission civile européenne de police et de justice.



















