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Sarajevo-x
Bosnie : découvertes archéologiques près de la source de la BunaTraduit par Eléonore Loué-Feichter
Sur la Toile :
Publié dans la presse : 17 novembre 2008
Mise en ligne : jeudi 27 novembre 2008
Située à une vingtaine de kilomètres de Mostar, la source de la Buna, à Blagaj en Herzégovine, est un lieu très apprécié des touristes. Elle abrite une « tekke », un monastère de derviches datant du XVIe siècle. Le panorama qui l’entoure est propice à la détente et à la méditation. Et des fouilles organisées par une équipe d’archéologues ont prouvé que ce site a toujours été fréquenté par des communautés humaines...
« Nous nous sommes lancés dans ce projet avec l’espoir de découvrir, à l’endroit où se trouve aujourd’hui la tekke, un ensemble de sanctuaires bien plus anciens. Ces suppositions se sont avérées exactes et lors des fouilles, qui touchent maintenant à leur fin, nous sommes arrivés à des résultats significatifs. Nous avons découvert que la source de la Buna a toujours été fréquentée, de la préhistoire jusqu’à nos jours », affirme le professeur Enver Imamović, qui dirige les recherches. Il précise que, dans les dépôts de la falaise accolée à la tekke, ont été retrouvées, à une profondeur de 6 mètres, des céramiques préhistoriques ainsi qu’une grande quantité de suie et d’ossements. Cela prouve que des hommes habitaient à cet endroit et plus précisément qu’ils pratiquaient le culte de l’eau. « Le culte de l’eau a existé à toutes les époques, même avant le christianisme, ces découvertes en sont une nouvelle preuve irréfutable », a ajouté le professeur Imamović. Parmi ces découvertes inestimables, enfouies plusieurs mètres sous terre, on trouve des flèches d’abside triples et quadruples, qui, selon les analyses préliminaires, datent de l’époque des grandes migrations des Ve et VIe siècles après J.-C.
L’équipe d’experts a, l’année dernière, également découvert les fondations d’une tekke, aujourd’hui disparue, qui dateraient de 300 ou 350 ans. C’est sans doute celle qui existait à l’époque du passage du célèbre écrivain et voyageur ottoman, Evlija Čelebija. Il a décrit en détail cette tekke et tout ce qu’elle comportait. Les experts ont retrouvé des vestiges qui attestent que se tenait à cet endroit un vaste ensemble architectural. D’après le professeur Imamović, celui-ci se composait de deux ensembles. La première partie des bâtiments était spirituelle, elle était destinée aux besoins religieux des derviches, et la deuxième à des fins laïques. Celle-ci accueillait les érudits de l’époque, issus de différentes parties de l’Empire ottoman, qui s’intéressaient au mysticisme et débattaient de science, d’astronomie, de culture, d’histoire, de poésie... Le complexe comptait également de nombreuses pièces au service des hôtes de passage : boulangerie, auberge, salles de conférences et autres... Le professeur Imamović ajoute : « ces fondations sont maintenant reliées entre elles et les architectes qui prendront la suite des archéologues pourront ainsi reconstituer un plan qui servira à une éventuelle reconstruction de la tekke. C’est en tout cas l’objectif de la Communauté islamique de Mostar, qui investira dans ce projet ». Parmi les vestiges découverts ces derniers jours, il est important de mentionner un objet issu d’une abside, dont les architectes n’ont pas encore pu déterminer l’utilisation. Il daterait de la fin de l’Antiquité, du Ve ou VIe siècle après J.-C. « La synthèse de toutes ces données va permettre aux archéologues d’avoir une vision complète sur la vie des hommes près de la source de la Buna ces dernières 2.000 ou 3.000 années. Grâce à ces fouilles, on a également pu définir les fondations précises de l’ancienne tekke », a conclu le professeur Imamović. |
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