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Serbie : Nebojša Popov, l’éternel défenseur des droits de l’homme

Traduit par Persa Aligrudić
Sur la Toile :
Publié dans la presse : 9 décembre 2008
Mise en ligne : jeudi 18 décembre 2008
Nebojša Popov vient de recevoir le prix Konstantin Obradović pour la promotion des droits de l’homme, une récompense qui vient couronner cinquante années de combat en faveur de la liberté sous toutes ses formes. Portrait d’un homme engagé.

par Aleksandar Roknić

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Nebojša Popov

Sociologue et rédacteur en chef du journal Republika, Nebojša Popov a reçu le prix Konstantin Obradović pour la promotion des droits de l’homme, une distinction décernée chaque année par le Centre des droits de l’homme de Belgrade.

Republika est un journal publié depuis vingt ans qui défend la désobéissance civique face à la peur, la haine et la violence. Le jury a souligné dans sa déclaration la difficulté d’inclure Nebojša Popov dans un seul cadre, de le réduire à une seule activité, lui qui a « marqué les cinquante dernières années de ses actes et de sa créativité ».

Peut-être l’engagement social de Nebojša Popov sera-t-il mieux illustré par le fait qu’il s’est trouvé « à tout endroit où il fallait défendre les hommes contre les atteintes à leur liberté, à leurs droits et à leur vie ». Il s’est même engagé en faveur de la défense des droits à la liberté de ceux qu’il combattait politiquement. Il a par ailleurs fondé à Belgrade le comité de défense de Veljko Džakula lors de son enlèvement mais aussi le comité de libération de Danica et de Vuk Drašković en 1993.

Né à Zrenjanin en 1939, il vit à Belgrade depuis 1958. Il est diplômé de la faculté de droit de Belgrade et a obtenu un doctorat de dhilosophie à Zagreb en 1976. En 1969, il est affecté au département de philosophie de l’Université de Belgrade où il enseigne la sociologie en qualité d’assistant. Six ans plus tard, il est renvoyé, ainsi que sept autres collègues, sur l’ordre du Parti en raison « d’incitation à la révolte de 1968 ».

Il publie alors des textes dans les journaux étudiants : Susret, Student, Polet et Vidici. Plus tard, il obtient le poste de directeur par intérim du Centre pour la philosophie et la théorie sociale, où il passera la plus grande partie de sa carrière. Il a étudié le renouveau du mouvement féministe en Serbie et en Yougoslavie, ce qui l’a mené à rédiger une imposante bibliographie sur le féminisme. En parallèle à ce travail de chercheur, il s’est impliqué dans les mouvements de femmes pour l’organisation autonome et l’égalité des sexes.

En 1988, il a fondé l’Association pour l’initiative démocratique yougoslave (UJDI) avec un groupe d’éminents intellectuels yougoslaves. Il a également été à l’origine de la Commission yougoslave pour la vérification des droits des Albanais et des Serbes au Kosovo ainsi que du Centre pour l’action contre la guerre. Il a organisé une série d’actions, de débats et de tables rondes pour mettre fin au conflit qui a secoué l’ex-Yougoslavie. En pleine guerre, il a monté le premier groupe anti-guerre de Belgrade et s’est rendu avec les militants de ce groupe dans Sarajevo assiégée.

Début 2008, Nebojša Popov a fait don de ses archives, de sa correspondance et de son immense bibliothèque de plus de 6.000 livres aux Archives de la ville de Belgrade et à celles de sa ville natale, Zrenjanin.