
- Le Premier ministre monténégrin Milo Đukanović
Le Monténégro a déclaré jeudi 11 décembre qu’il déposerait sa candidature auprès de l’Union européenne (UE), une décision susceptible d’encourager les pays voisins à envisager de postuler eux aussi. C’est désormais chose faite. « En empruntant cette voie, le Monténégro s’engage dans le processus d’adhésion et de construction d’une Europe unie, qui était un objectif stratégique essentiel dans l’esprit et les engagements des fondateurs de l’Union européenne », a annoncé le gouvernement dans un communiqué de presse.
Deux représentants du gouvernement ont déclaré que la candidature du Monténégro, qui était à l’origine prévue plus tôt dans l’année, devrait être soumise lundi 15 décembre.
Un sommet des dirigeants de l’UE à Bruxelles s’achevait le jeudi précédent.
On s’attend à ce que cette décision du Monténégro encourage ses voisins balkaniques, tels que la Serbie ou l’Albanie, à déposer leur candidature à l’UE dans les mois à venir.
Tous les États des Balkans, une région toujours en convalescence suite aux guerres et à l’agitation politique des années 1990, ont pour objectif l’adhésion au groupe des 27. La Macédoine a été le dernier pays des Balkans à déposer sa candidature en 2004.
Le commissaire à l’Élargissement de l’UE Olli Rehn a déclaré, dans un discours prononcé mercredi 10 décembre à Oslo, que les réformes du Monténégro progressaient, mais que le pays avait encore des progrès à faire pour remplir les conditions requises pour l’adhésion.
« De bien plus grands efforts sont nécessaires, notamment en ce qui concerne la consolidation des institutions et l’État de droit. Mais nous pourrions néanmoins recevoir bientôt la candidature du Monténégro à l’UE », a également dit Olli Rehn.
« Depuis son indépendance en 2006, le pays a adopté une nouvelle Constitution, a fait de grands progrès sur des réformes clés pour l’UE, et a signé et mis en application son accord de stabilisation et d’association avec l’Union européenne, la passerelle vers le statut de candidat. »
Le Monténégro avait envisagé de reporter sa demande de candidature à l’UE à l’année prochaine, pour l’arrivée de la République tchèque aux commandes de la présidence tournante de l’Union, actuellement dirigée par la France. La République tchèque a en effet promis d’accélérer l’intégration des pays des Balkans occidentaux dans l’UE.
Le Monténégro a déjà différé sa candidature au statut de candidat à l’Union européenne à une occasion, en juin, et selon les analystes, des délais supplémentaires pourraient avoir de sérieuses répercussions politiques dans le pays.
En juin, le commissaire à l’Élargissement Olli Rehn avait annoncé qu’il était trop tôt pour la candidature de Podgorica.




















