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Finance.si

Slovénie : l’écrivain Boris Pahor en course pour le prix Nobel de littérature

Traduit par Ognjenka Fejić
Sur la Toile :
Publié dans la presse : 27 janvier 2009
Mise en ligne : mercredi 28 janvier 2009
Boris Pahor, immense écrivain slovène, auteur notamment de l’ouvrage Pèlerin parmi les ombres (La Table ronde, 1990), a été nominé pour le prix Nobel de littérature. Pour le journal Finance, sa reconnaissance internationale serait une chance pour l’ensemble de la littérature slovène, encore peu connue à l’étranger.

Par Marjana Virant

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Boris Pahor

Boris Pahor est déjà académicien, lauréat du prix Prešern [1] et chevalier de la Légion d’honneur. L’écrivain slovène de Trieste, des plus reconnus, vient d’être nominé pour le prix Nobel de littérature. Sur proposition de la faculté des Arts, l’université de Ljubljana a en effet soumis sa candidature. Peut être que cette fois la chance lui sourira...

Entre littérature et politique

Mitija Čander, directeur de la collection Beletrina aux éditions Študentska založba, qui viennent de faire paraître l’autobiographie de Pahor, intitulée Mes sécheresses [2], nous explique quelles sont les chances pour ce dernier d’obtenir cette fois-ci le prix. « Il s’agit d’un auteur européen reconnu, dont les ouvrages sont publiés par des maisons d’édition sérieuses et qui participe lui-même à de nombreux débats pertinents en Europe. C’est là le premier critère de candidature pour le prix, même si d’autres facteurs entrent évidemment en jeu. Ce n’est jamais la seule qualité de l’œuvre littéraire qui est jugée ; il s’agit d’une décision politique de l’académie suédoise. Le prix est en priorité attribué aux écrivains engagés politiquement ».

Agé de 95 ans, Boris Pahor remplit tous les critères qui permettent à l’académie suédoise de définir un écrivain engagé. Le plus grand obstacle réside dans le fait qu’en 2002, le prix a été attribué à l’écrivain hongrois Imre Kertész qui, dans ses écrits, aborde les mêmes thèmes que Pahor. Les deux auteurs se sont d’ailleurs rencontrés il y a peu de temps au théâtre de l’Odéon à Paris. D’après Čander, « la question est : « est-ce que l’académie suédoise va attribuer son prix encore une fois, au bout de quelques années à peine, à un témoin des horreurs nazies. Ce n’est pas exclu dans la mesure où Pahor est un candidats sérieux ».

Une victoire pour la littérature slovène

Comme le souligne notre interlocuteur, le prix serait une grande victoire pour l’ensemble de la littérature slovène dont la visibilité dans le paysage littéraire serait ainsi accrue. Cette littérature est actuellement méconnue à l’échelle mondiale et le prix Nobel ne serait pas seulement une victoire pour son lauréat mais aussi une marque de reconnaissance pour les autres auteurs slovènes.

Les milieux littéraires slovènes n’ont commencé à s’intéresser aux écrits de son ancien enfant terrible, qui a contesté toutes les idéologies, que ces quinze dernières années. Cette redécouverte a coïncidé avec un intérêt plus général du public pour les récits de témoignages. « Le prix Nobel augmenterait le tirage des œuvres de Pahor. De même, on réimprimerait les ouvrages qui ne sont plus disponibles actuellement. En fait, l’intérêt pour l’auteur deviendrait plus important, aussi bien chez nous qu’à l’étranger », ajoute Čander. Les maisons d’édition ont des expériences diverses, en matière de vente, avec les œuvres des lauréat du prix Nobel. Les ouvrages de Jelinek se sont par exemple vendus trois fois mieux que ceux de Kertész.

Aux éditions Študentska založba, on estime que le prix Nobel provoquerait en Slovénie un intérêt littéraire sans précédent. Les œuvres de Pahor et les apparitions de l’auteur dans les médias donnent déjà lieu, sans le prix, à des tirages plus importants que ceux des auteurs étrangers récompensés. Le caractère actuel de l’œuvre et le prestige international de Pahor servent indéniablement aux ventes.

Pèlerin parmi les ombres [3], le livre le plus connu de Pahor, a été réédité deux fois l’année dernière. Plus de 4.000 exemplaires ont déjà été vendus, ce qui fait de ce livre une des œuvres littéraires les mieux vendues de l’année et de Pahor un des écrivains les plus lus.

Quelques dates et quelques chiffres :

• Boris Pahor a obtenu en 1992 le prix Prešern pour l’ensemble de son œuvre littéraire.
• En 2000, il a été distingué par la médaille de la Croix d’argent de la Liberté, plus haute distinction de mérite de la République de Slovénie.
• En septembre 2007, il a été nommé Chevalier de la légion d’honneur.
• En décembre 2008, il a été nommé docteur honoraire de l’Université de Ljubljana.
• Depuis 1901, le prix Nobel de littérature a été attribué à 105 hommes et femmes de lettres.
• La valeur de la récompense du prix Nobel de littérature s’élève à 10 millions de couronnes suédoisesv soit un peu moins d’un million d’euros.

[1] Le prix Prešern est le plus importants prix slovène en matière de création artistique. Il est décerné chaque année à deux artistes/écrivains.

[2] Boris Pahor (2008), Moje suhote, coll. Beletrina, Študentska Zaloudentska Založba

[3] Nekropola en slovène.

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