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Macédoine : la colère gronde dans les rangs de l’armée

Traduit par Ilinka Gicova
Sur la Toile :
Publié dans la presse : 2 février 2009
Mise en ligne : lundi 9 février 2009
Les soldats de l’armée macédonienne ne peuvent pas servir plus de neuf ans : au terme de ce délai, ils se retrouvent donc au chômage, sans droit à une pension de retraite. La colère gronde dans les rangs des soldats professionnels, surtout ceux qui reviennent d’Irak et d’Afghanistan. Ils ont manifesté le 1er février dans les rues de Skopje.

Par Svetlana Unkovska

Quelque 600 soldats, dont d’anciens combattants du conflit de 2001 et des militaires qui ont servi dans les missions en Irak et Afghanistan, ont manifesté dans les rues de Skopje. Partis de l’église Saint-Clément-d’Ohrid, ils ont défilé devant le siège du gouvernement et le Parlement.

Selon la loi sur l’armée, les soldats professionnels peuvent servir jusqu’à l’âge de 38 ans, et peuvent effectuer au maximum neuf année de service actif. Ainsi, ils peuvent signer trois contrats de trois ans, mais se retrouvent ensuite sans emploi.

Le président de l’Association « Dostoinstvo », Stojanče Angelov, explique les revendications des militaires. « Nous demandons que les soldats professionnels restent embauchés par l’Armée macédonienne tant qu’ils n’ont pas atteint les conditions leur garantissant une pension de retraite. Si cela se révèle impossible, alors les soldats doivent être embauchés par la police ou d’autres institutions de l’Etat après la fin de leur contrat ».

Stojanče Angelov a ajouté que les militaires réclamaient aussi une embauche pour leurs anciens camarades qui ont démissionné. Il a rappelé que la manifestation aurait dû avoir lieu en novembre, mais que ses organisateurs avaient attendu le retour du contingent déployé en Afghanistan.

Le capitaine Zoran Velkovski, pilote de l’armée de l’air, s’est adressé aux soldats. Il a promis une radicalisation des manifestations si des réponses n’étaient pas apportées à leurs revendications.

« Chaque jour, des contrats militaires arrivent à leur terme. Nous allons donc donner un délais de dix jours au gouvernement pour qu’il trouve une solution. Faute de quoi, tous les soldats vont descendre dans la rue, avec leurs femmes, leurs enfants, tous leurs parents, pour exiger de savoir comment est dépensé l’argent public qui sert à financer des campagnes de publicité pour la naissance d’un troisième enfant... À cause de ces campagnes, il n’y a plus d’argent dans les caisses pour payer ceux qui travaillent. Les gens perdent leur emploi, ce qui laisse des familles et des enfants sans un seul morceau de pain », s’est exclamé Zoran Velkovski.

« Ici, devant vous, il y a des gens qui ont versé leur sang pour la Macédoine. Il n’y a ni poltrons, ni menteurs, ni espions », a-t-il ajouté à l’adresse des dirigeants du pays.

L’Association « Dostoinstvo » a soumis un projet au gouvernement, prévoyant une évolution de carrière des soldats professionnels. Après 40 ans, quand leurs conditions physiques commencent à faiblir, les soldats seraient affectés à des taches plus faciles jusqu’à l’âge de la retraite. Jusqu’à présent, l’association n’a reçu aucune réponse de la part du gouvernement.

Les soldats professionnels Zoran Angelovski, Enis Jashari et Gordan Bejkovski souhaitent que le problème de la fin des contrats soit réglé au plus vite, et que le gouvernement ne laisse pas se retrouver au chômage des soldats qui ont servi en Irak et en Afghanistan.

« J’ai démissionné de l’armée il y a trois mois, et j’ai commencé à travailler comme chauffeur de taxi. C’est une menace permanente pour tous mes camarades. Embaucher quelqu’un à 20 ans et lui demander de démissionner à l’âge de 29 ans est humiliant pour l’Etat. Le 25 septembre, avant de devoir quitter l’armée, j’ai parlé avec le Premier ministre et il a dit que nous devions revenir pour rencontrer le ministre de la Défense. Mais, trois mois plus tard, il ne reste rien de ces conversations », s’exclame Zoran Angelovski, très en colère.