Logo le Courrier des Balkans, le portail francophone des Balkans
filet
Serbie : les meurtriers de Đinđić et de Pukanić tentent de s’enfuir de prison - Grèce : un mur contre les clandestins - Serbie : à Bujanovac, des noms de rue qui divisent - Macédoine : un gouvernement « baroque » - Serbie : la Save et le Danube pris par les glaces - 
Balkanophonie Abonnez-vous
La boutique en ligne A propos Livres ong liens Agenda
forums

Nezavisne novine

Ratko Mladić : encore une perquisition pour rien !

Traduit par Eléonore Loué-Feichter
Sur la Toile :
Publié dans la presse : 10 février 2009
Mise en ligne : mercredi 11 février 2009
Les membres des forces opérationnelles de l’Union européenne (Eufor) et de l’Otan ont perquisitionné mardi 10 février le domicile de la sœur et de la belle-sœur de Ratko Mladić, à Istočno Sarajevo. Ils étaient à la recherche d’éventuelles preuves d’un réseau de soutien logistique et financier. Cependant, aucune information ne permet d’affirmer que l’ancien chef militaire des Serbes de Bosnie se trouverait sur le territoire bosnien.

Les soldats des forces armées internationales, avec l’aide de la police de Republika Srpska, ont fouillé la maison de Radinka Mladić, la belle-sœur de Ratko Mladić, située dans le quartier de Kasindol, à Istočno Sarajevo. Dans le village de Vojkovići, une perquisition a également été effectuée dans la maison de la sœur de Ratko Mladić, Milica Avram.

« L’objectif de ces opérations était de découvrir les preuves de l’existence d’un réseau qui assure une aide financière et logistique à la couverture du fugitif, et la destruction de ce réseau », a déclaré Patrik Okalahan, porte-parole de l’Eufor.

Il a également annoncé la découverte, dans la maison de Radinka Mladić, de certains documents qui seront transférés à la base de l’Eufor à Butmir. « Ils seront analysés par les enquêteurs du Tribunal pénal international (TPI) afin d’y découvrir des informations qui pourraient aider à localiser Ratko Mladić. Cette opération a été effectuée à la demande du TPI », a-t-il déclaré.

Derek Čepel, porte-parole de l’Otan à Sarajevo, n’a pas pu s’exprimer sur le contenu des documents saisis car il est possible que certains d’entre eux soient utilisés comme preuve dans les procès devant le TPI.

« Les enquêteurs du TPI ont entendu tous les membres de la famille Mladić qui vivent dans les maisons perquisitionnées. Nous recherchons les preuves d’un réseau d’entraide et de communication qui pourrait aider à localiser le fugitif. L’objectif de l’enquête est de briser ces réseaux et de capturer Ratko Mladić », a ajouté Derek Čepel.

Il a souligné qu’il n’existait aucune preuve qui pourrait confirmer que l’ancien commandant de l’armée de Republika Srpska, inculpé pour crimes de guerre, se cache sur le territoire de la Bosnie-Herzégovine. Cependant, Derek Čepel n’a pas souhaité répondre directement à la question de savoir si les membres de la famille Mladić sont en contact avec lui et s’ils font partie d’un réseau qui permet sa couverture.

JPEG - 10.7 ko
Ratko Mladić

Ces dernières années, les membres de l’Eufor et de l’Otan ont, à plusieurs reprises, procédé à des perquisitions aux domiciles des familles de Radovan Karadžić et de Stojan Župljanin. Les décisions des autorités locales concernant leurs biens ont été suspendues.

Les perquisitions aux domiciles des membres de la famille du général Ratko Mladić ont jusqu’à maintenant été rares. La liste des complices du fugitif, définie par le Conseil de l’UE, regroupe Bosiljka Mladić, son épouse, son fils Darko et l’épouse de ce dernier, Biljana. Selon des informations officieuses, les autorités de Bosnie-Herzégovine n’ont jusqu’à présent pas particulièrement mis l’accent sur les membres de la famille de Ratko Mladić, qui vivent en Bosnie-Herzégovine. Leurs propriétés sont dérisoires et on estime qu’il leur serait difficile d’aider et de financer la fuite de l’ancien commandant de l’armée de Republika Srpska.

L’action menée mardi a été soutenue par le Haut Représentant par intérim de la communauté internationale en Bosnie-Herzégovine, Raffi Gregorian. Ce dernier a souligné que tous les efforts de la communauté internationale étaient concentrés sur le réseau d’aide à Ratko Mladić, après l’arrestation de Radovan Karadžić l’année dernière. Raffi Gregorian a ajouté qu’il était honteux que Ratko Mladić, en tant qu’officier, ait fuit devant la justice et ait abandonné ses officiers subalternes afin de sauver sa propre vie.

Le procès à Belgrade

En Serbie, pour leur aide dans la couverture de Ratko Mladić, sont inculpés : Marko Lugonja, Tatjana Vasković, Stanko Ristić, Blagoje Govedarica, Ljiljana Vasković, Saša Badnjar, Ratko Vučetić, Predrag Ristić, Bojan Vasković et Borislav Ivanović.

Une procédure judiciaire est menée contre eux à Belgrade et une rançon d’un million d’euros est offerte à ceux qui pourraient fournir des informations fiables sur l’endroit où se cache Ratko Mladić. En dehors de Ratko Mladić, le TPI recherche également la trace de Goran Hadžić.

L’acte d’accusation

L’ancien commandant de l’armée de Republika Srpska, en fuite depuis plus de 13 ans, a été mis en accusation devant le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis en Bosnie-Herzégovine.

Il est poursuivi pour le génocide de Srebrenica, le massacre de civils à Sarajevo et des crimes de guerre commis dans plusieurs autres localités de Bosnie-Herzégovine.