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Srebrenica : plainte serbe, indignation bosniaque

Traduit par Vanessa Pfeiffer
Sur la Toile :
Publié dans la presse : 5 mars 2009
Mise en ligne : lundi 9 mars 2009
Une association serbe a déposé une plainte contre les Pays-Bas et les Nations-Unies, à propos des violences subie par la population serbe des environs de Srebrenica, de 1992 à 1995. Cette plainte suscite l’indignation des associations de mères de Srebrenica, toujours pas prêtes à reconnaître les souffrances endurées par l’autre camp. Elles redoutent que cette plainte ne vise à « relativiser » le génocide de Srebrenica.

L’organisation non gouvernementale serbe « Le projet historique de Srebrenica », dont le siège est aux Pays-Bas, a porté plainte contre les Pays-Bas et les Nations-Unies parce qu’ils n’ont pas empêché, selon elle, les souffrances des Serbes, entre 1992 et 1995 à Srebrenica. Les pièces de la plainte, accompagnées de témoignages, sont actuellement présentées à Srebrenica.

Stefan Karganović, président de l’association « Le projet historique Srebrenica », a souligné que la plainte est fondée car, durant cette période, ont été tués un nombre significatif de Serbes dans les environs de Srebrenica, et les forces de maintien de la paix hollandaises de l’ONU n’ont pas empêché leur souffrance.

« Nous serons satisfaits si, à travers cette plainte, nous prouvons la souffrance des Serbes et si ce fait est accepté et admis. C’est une victoire morale que nous recherchons », a dit Stefan Karganović.

Il a ajouté que le dépôt de plainte est en cours et qu’il s’attend à une issue favorable car la plainte est de nature morale.

L’association « Les mères des enclaves de Srebrenica et Žepa » est indignée par cette déclaration. « Les Serbes, ainsi, essayent de minimiser le génocide commis contre les Bosniaques de Srebrenica, et d’un autre côté, de faire en sorte que les criminels soient les victimes. Le nom de l’organisation - « Le projet historique de Srebrenica » - qui a porté plainte, parle de lui-même », affirme l’association.

Ils ajoutent que les Serbes souhaitent, de cette manière, être reconnus comme des victimes, « mais ils veulent également masquer le massacre de plus de 8.000 de nos fils, pères, époux et frères ».