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Bosnie : mesures d’urgence pour faire face à la crise

Traduit par Stéphane Surprenant
Sur la Toile :
Mise en ligne : mardi 10 mars 2009
La Bosnie va utiliser des fonds issus de sa part des actifs de l’ancienne Yougoslavie - qui représentent une somme d’environ 90 millions d’euros - pour combler son déficit budgétaire et lutter contre la crise économique et sociale qui s’aggrave.

Au cours du week-end, les économistes ont accueilli favorablement la décision du Conseil fiscal d’État de la Bosnie, qui a autorisé vendredi dernier la Banque centrale de Bosnie à vendre certains actifs qu’elle conservait, incluant de l’or et des bons d’épargne. Le pays avait en effet conservé la possession de ces actifs lorsque ceux de l’ancienne Yougoslavie ont été partagés entre les nouveaux États qui l’ont remplacé. Ces ressources financières seront donc partagées entre les deux entités bosniaques, à raison de 65% pour la Fédération croato-musulmane et 35% pour la Republika Srpska.

Cette décision est survenue le lendemain d’une réunion du Conseil des ministres, où un plan d’action en 16 points a été adopté. Ce plan vise à restaurer la confiance dans le système financier. Il prévoit une consolidation des garanties de l’État sur les dépôts bancaires, des mesures destinées à augmenter les liquidités des banques commerciales, ainsi que de nouvelles lois concernant certaines taxes d’accise qui devraient fournir des fonds additionnels afin de boucler le budget.

Au cours des derniers mois, la Bosnie-Herzégovine a ressenti brutalement les contrecoups de la récession mondiale. Cependant, vu l’administration complexe du pays et l’absence de données statistiques fiables, l’étendue des dégâts demeure difficile à évaluer avec précision. Néanmoins, des économistes et des analystes préviennent que même avec le plan d’action récemment adopté et la vente de certains actifs, l’État bosniaque et les entités gouvernementales restent bien loin du compte s’ils espèrent atténuer les conséquences de la crise qui s’installe.

Suite à la réduction de la demande et à l’annulation de divers contrats, les entreprises bosniaques ont été obligées de supprimer 13 000 emplois. Quelque 8000 personnes dans la Fédération et 5000 dans la Republika Srpska se sont ainsi inscrites sur les listes de chômeurs depuis décembre 2008. Pire, plus de 2700 Bosniaques qui travaillaient à l’étranger - et qui transféraient de l’argent à leur famille - ont également perdu leur emploi et ont dû revenir en Bosnie pour ajouter leur nom sur les listes de demandeurs d’emploi.

Pendant ce temps, les gouvernements des deux entités, et en particulier celui de la Fédération, font face à des troubles sociaux croissants. Leurs budgets sapés par la crise ne suffisent plus à couvrir les coûts des divers programmes sociaux : le paiement des pensions de retraite et des remboursements de la sécurité sociale ont ainsi été retardés.

La taxation indirecte a de plus enregistré, en février 2009, une chute de près de 20% des sommes perçues au titre de la Taxe sur la valeur ajoutée, comparé à la même période en 2008.

Les principales organisations humanitaires de la Bosnie ont fait savoir que le nombre de personnes ayant recours aux soupes populaires avait presque doublé durant les trois derniers mois. Outre l’inquiétude grandissante du public au sujet de la pauvreté, les médias ont rapporté qu’un couple marié et un soldat de l’armée de métier s’étaient suicidés la semaine dernière en raison, semble-t-il, de l’impasse financière dans laquelle ils se trouvaient.