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Le Courrier de la Macédoine

Macédoine : les « fidèles » orthodoxes attaquent une manifestation étudiante

Traduit par Viktor Zakar
Sur la Toile :
Mise en ligne : mardi 31 mars 2009
Des étudiants en architecture de Skopje ont été violemment pris à partie samedi par des contre-manifestants, alors qu’ils manifestaient pacifiquement contre le projet de construction d’une église orthodoxe sur la place de Macédoine, à proximité de l’emplacement de la maison natale de Mère Teresa. Les étudiants voulaient aussi dénoncer le saccage urbanistique et architectural de la ville.

Par Elena Kostovska

L’association des étudiants de la Faculté d’architecture de Skopje (Prva Arhi Brigada) et un syndicat étudiant (Progresiven mlad sindikat) ont organisé une manifestation le 28 mars sur la place de Macédoine, dans le centre de la capitale. Les informations concernant le lieu et l’heure du rassemblement avaient été diffusées par le réseau social Facebook et la rumeur s’est rapidement répandue.

Cette marche était aussi organisée pour protester contre le kitch des nouveaux bâtiments qui poussent comme des champignons à Skopje, sans aucune logique architecturale.

Violente contre-manifestation

Dans le même temps, un groupe de contre-manifestants, beaucoup plus nombreux, s’est formé avant le début du rassemblement. Ces derniers ont accusé les étudiants en architecture de protester contre la construction d’une église orthodoxe à proximité, près du bâtiment de la Compagnie d’électricité macédonienne et de l’ancien centre commercial Tipo.

La marche pacifique des étudiants à été perturbée par ces « fidèles » qui ont verbalement et physiquement attaqué les architectes en détruisant leurs pancartes où étaient inscrits des slogans tels que « Ne vous en prenez pas à Skopje ». Peu nombreuses, les forces de police ont été obligées d’intervenir. Les étudiants en architectures ont été repoussés jusqu’au Pont de pierre d’où ils se sont dispersés. « Ils nous ont traités d’enfants de bourgeois et de bâtards communistes », expliquaient, encore sous le choc, quelques étudiants.

Trois personnes ont été blessées lors de la manifestation. Après l’incident, les contre-manifestants sont restés sur le terrain en agitant des drapeaux et en exhibant des symboles religieux, tout en affirmant défendre la construction d’un nouveau bâtiment religieux. Ils ont terminé leur marche dans l’église Saint-Clément-d’Ohrid d’où ils ont prié pour le peuple macédonien.

Manipulations politiques ?

Les deux groupes ont déclaré s’être rassemblés de leur propre initiative.

Les deux plus grands partis du pays, le VMRO-DPMNE et le SDSM, ont déclaré n’avoir aucun lien avec ces incidents, tout en s’accusant mutuellement et en condamnant les violences.

Le Premier ministre Nikola Gruevski a admis que certains militants de son parti faisaient partie du groupe des contre-manifestants. Il accuse aussi l’architecte Miroslav Grčev du déclenchement de ces événements. « Cet homme est un membre du SDSM et il s’oppose à toutes les initiatives du gouvernement. Il veut faire pencher la balance dans cette période électorale », a-t-il souligné.

Le cabinet du Président Branko Crvenkovski a rappelé que le droit de manifester est garanti par la Constitution macédonienne.

Le ministre de l’Intérieur a annoncé qu’une enquête allait être ouverte.