
- (©Reuters/Gleb Garanich)
La police a arrêté une dizaine de manifestants encore à l’intérieur du bâtiment du Parlement et a évacué les derniers protestataires encore présents sur la place qui fait face au siège du gouvernement. Le gros de la foule avait quitté les lieux vers minuit, mais en promettant de revenir mercredi matin.
Les manifestations ont dégénéré mardi après-midi, quand des milliers de jeunes, scandant « liberté » ou « nous voulons être dans l’Europe », ont pénétré dans les deux bâtiments du Parlement et de la présidence, malgré les grenades lacrymogènes et canons à eau de la police.
Certains sont ensuite ressortis avec des meubles qu’ils ont brûlés dans la rue. Dans la soirée, ils jetaient ordinateurs et effets personnels des députés depuis les fenêtres des étages du Parlement en feu.
Ils ont aussi jeté des pierres contre la présidence, brisant des vitres, scandant « à bas le communisme » et exigeant un nouveau décompte des bulletins, avant d’être repoussés par la police. Sur une affiche était écrit « mieux vaut être mort que communiste ». D’autres scandaient « nous sommes Roumains ».
Le président communiste Vladimir Voronine et les principaux responsables du pays se sont réfugiés au siège du gouvernement, qui est resté protégé par la police.
Les heurts avec la police ont fait une centaine de blessés, dont deux sérieusement, selon l’hôpital de Chişinău. Une jeune manifestante est décédée.
Le président Voronine a affirmé que la Moldavie défendrait « fermement l’intégrité de l’État », face à des « fascistes ivres de colère qui tentent de commettre un coup d’État ». Son successeur doit être élu par le prochain Parlement d’ici le 8 juin.
Les partis de l’opposition libérale et nationaliste pro-roumaine, qui dénoncent des irrégularités et réclament un nouveau comptage des voix et l’annulation du scrutin si les fraudes sont avérées, ont appelé à poursuivre les manifestations tant que ces exigences ne seraient pas satisfaites.
Un des dirigeants de l’opposition moldave, Vlad Filat, a démenti mardi qu’un accord ait été trouvé avec le pouvoir, notamment sur un nouveau décompte des voix. Le Parti communiste moldave (PCM) a remporté 50% des suffrages, loin devant le Parti libéral (12,78%) et le Parti libéral-démocrate (12,26%).
L’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a jugé ces élections dans l’ensemble conformes aux normes internationales. « Certains ont voté à plusieurs reprises et des morts ont pris part au vote », affirme pourtant le maire de Chişinău et vice-président du Parti libéral, Dorin Chirtoacă.
Réactions internationales
À Bucarest, capitale de la Roumanie voisine, des centaines de personnes, pour la plupart des étudiants moldaves et roumains, ont manifesté mardi soir en soutien au mouvement contestataire moldave et appelé à l’union entre leurs deux pays.
Cette flambée de violences a suscité une vague d’inquiétudes internationales. Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, et le diplomate en chef de l’UE, Javier Solana, ont appelé les parties à « s’abstenir de recourir à la violence ».
À Washington, Robert Wood, porte-parole du département d’État, a assuré que la violence n’était "dans l’intérêt de personne », surtout « dans une région qui n’en a pas besoin », en référence au récent conflit russo-géorgien et aux tensions persistantes dans la république séparatiste de Transnistrie en Moldavie.
Le président russe Dmitri Medvedev a appelé à un « règlement pacifique » de la crise.
Arrivés au pouvoir en 2001 sur un programme pro-russe, les communistes moldaves ont opéré un virage radical en 2005 en se tournant vers l’Union européenne, dont ils espèrent bénéficier d’une aide économique pour le pays, le plus pauvre d’Europe. Ils continuent toutefois de ménager Moscou.
(Avec AFP)



















