
- La palais Maximou, le Parlement grec
Le président du Parlement hellénique, Dimitris Soufias, a annoncé vendredi soir, contre toute attente, l’interruption des travaux parlementaires et la fermeture du Parlement. Le Parlement va donc rester fermé pour plus d’un mois et ne reprendra ses travaux qu’après les élections européennes prévues le 7 juin, mais pas en assemblée plénière. Cette fermeture anticipée du Parlement signifie que toutes les affaires de scandales politico-financiers dans lesquelles sont impliqués certains ministres en poste entre 2004 et 2007 - pendant le premier mandat de l’actuel Premier ministre Kostas Karamanlis - et qui peuvent conduire à la condamnation de ces derniers, sont balayées.
Néanmoins, le pouvoir invoque la tenue des élections européennes en juin pour justifier cette fermeture. Selon le parti du Premier ministre, Nouvelle démocratie, « le Parlement a fermé trois à quatre semaines avant la tenue du scrutin, pour faciliter la procédure, lors de toutes les précédentes campagnes électorales européennes, sauf en 2004 où, à cause de l’imminence des Jeux Olympiques, sa fermeture avait été retardée ».
Pour l’opposition en revanche, il est complètement inédit en Grèce que le gouvernement ferme le Parlement de façon précipitée, en pleine nuit et sans qu’aucun autre scénario ne soit envisagé. Selon elle, y compris pour le parti nationaliste LAOS, il ne fait aucun doute que, par ce biais, le gouvernement tire un trait sur les affaires en cours. Pour le PaSoK et SYRIZA, partis d’opposition de gauche, le Premier ministre étouffe ainsi les dossiers en cours et effectue une « tentative désespérée pour empêcher que de nouveaux scandales n’arrivent jusqu’au Parlement ». Le PaSoK avait en effet d’ores et déjà demandé que de nouvelles affaires soient débattues au Parlement, qui peut convoquer des commissions d’enquête.
Il semble que Kostas Karamanlis ait déjà parlé de cette idée de fermeture anticipée de l’Assemblée il y a quelques semaines à l’un de ses proches collaborateurs. En fait, pour le Palais Maximou, il y avait urgence, dans la perspective des élections européennes, de faire cesser l’accumulation de révélations de scandales qui s’accélère ces dernières semaines. L’ordre du jour de la session plénière de la semaine prochaine avait pourtant été annoncé jeudi, et comprenait l’étude d’importants projets de loi. En tout état de cause, tout le monde considère, à droite comme à gauche, que cette décision a été mûrement réfléchie et n’a pas été prise à la dernière minute.


















