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Le FMI « pénalise » l’Albanie

Traduit par Mandi Gueguen
Sur la Toile :
Publié dans la presse : 13 mai 2009
Mise en ligne : jeudi 14 mai 2009
Le FMI vient de garantir un crédit à 3% à la Bosnie-Herzégovine, la Serbie et la Roumanie. Par contre, l’Albanie ne pourra obtenir un crédit de 250 millions d’euros qu’au taux de 11%. En effet, Tirana refuse de conclure un accord d’ajustement structurel avec le FMI. Le ministre des Finances et le Premier ministre albanais considèrent toutefois ce crédit comme une « transaction en or ».

Par Blerina Zylyftari

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Sali Berisha au Forum économique mondial de Davos

Le FMI a accordé des crédits avec des conditions très avantageuses à divers pays des Balkans, sauf à l’Albanie qui s’en sort avec un taux d’intérêt beaucoup plus élevé que ses voisins. La raison en est simple : dans une conjoncture économique mondiale difficile, la plus grave crise depuis la Seconde Guerre mondiale, l’Albanie a refusé de signer l’accord avec le FMI. En effet, le gouvernement n’a pas voulu que le gardien mondial des finances internationales se mêle des indicateurs macro-économiques, quelque peu malmenés par le gouvernement dans le cadre de la campagne électorale déjà lancée.

D’autres pays européens ont signé de nouveaux accords avec le FMI pour pouvoir bénéficier de fonds à bas coût, mais aussi pour profiter de la grande expérience de l’institution. Or, en ce qui concerne l’Albanie, un nouveau accord avec l’organisation qui veille aux finances mondiales aurait compromis les décisions risquées de dépenses engagées par le gouvernement avant les élections, alors que la crise économique bat son plein partout, en Albanie comme ailleurs.

L’Albanie a refusé toute discussion sur l’accord avec le FMI. « Le FMI crée plus de problèmes qu’il n’en résout en période difficile », affirmait encore récemment Sali Berisha dans une interview. De son côté, le FMI se dit prêt à tout moment à démarrer un nouveau contrat avec le gouvernement albanais, ou du moins un programme de collaboration.

« Ce sont les conditions du marché. En 2008, le gouvernement albanais a bénéficé d’un crédit qui reflétait les conditions du marché de l’époque. Espérons que les conditions évoluent dans le bon sens d’ici un an. De plus, l’Albanie n’a pas voulu signer de contrat avec le FMI », explique Ann Margret Westin, la représentante du FMI à propos du crédit à taux élevé accordé à l’Albanie.

Selon le FMI, l’Albanie souffre aussi de la crise qui touche ses exportations, entraînant des suppressions d’emploi. L’institution prévoit aussi la baisse des apports financiers des émigrants, qui jouent un rôle crucial dans l’économie albanaise et le pouvoir d’achat des familles pauvres. Le FMI évaluait la croissance albanaise pour 2008 à 6,8%, mais en 2009, elle ne dépassera guère 1%, selon les prévisions du Fonds.