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Le Courrier de la Serbie
Serbie : à Belgrade, on fête SarajevoPar notre correspondante à Belgrade
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Mise en ligne : lundi 18 mai 2009
Du 14 au 17 mai, Belgrade a accueilli pour la troisième année consécutive, le festival « Les Jours de Sarajevo » (Dani Sarajeva). L’association « Les jeunes pour les droits de l’homme » (Inicijativa mladih za ljudska prava) est à l’initiative du projet. Notons que cette année et pour la première fois, la mairie de Belgrade soutien l’évènement.
Par Jovana Papović
Crées en 2007, quinze ans après le siège de Sarajevo, « Les Jours de Sarajevo » sont à la fois un rassemblement pour commémorer les évènements qui ont marqués la ville de 1992 à 1995, et une plateforme permettant des rencontres entre les artistes bosniens et serbes. Lors de cette édition, les Belgradois ont eu l’occasion de découvrir les toutes nouvelles créations d’artistes qui font bouger les scènes théâtrales, cinématographiques et musicales de Sarajevo. Entre autres animations, citons l’exposition de photographie « Život : Sarajevo 92-97 » (La vie : Sarajevo 92-97), particulièrement réussie. Le festival a réuni cette année plus 250 artistes de Sarajevo. Une bonne partie de la scène artistique présente au festival, connait bien le public devant lequel elle se produit. Ainsi, le musicien Damir Imamović et son trio, n’est pas un néophyte du public belgradois. « Je pense que nous avons offert un beau concert, quand on s’amuse, qu’on est à la hauteur de l’exercice et que le public le reconnait, le concert est forcément réussi. C’est la cinquième fois que nous jouons à Belgrade, et nos concerts sont toujours plus réussis d’une année sur l’autre. Le public nous reconnait et suit notre travail. » Le metteur en scène Dino Mustafić, qui participe au festival avec deux de ses créations, rappelle que les problèmes qu’il traite dans ses pièces existent dans tous les pays de la région. « Ce sont des thèmes bien connus, ceux de la décomposition familiale, de la crise morale, de la violence, et de la haine, que notre équipe a réussi à faire revivre dans Mortal Kombajn. Ce qui me rend heureux, c’est que le public belgradois reconnait notre travail et se retrouve dans les sujets que nous présentons », explique Dino Mustafić. La seconde pièce de Mustafić Zver na mesecu (Une bête sur la lune) de l’auteur américain Richard Kalinovski, clôture le festival. « La pièce traite de la vie d’une famille arménienne, après le génocide subit dans années 1920. Cette famille souhaite faire revivre son héritage dans de nouvelles conditions, dans une nouvelle société, dans un monde lointain. Ils projettent leur vie vers le futur, puisqu’ils n’ont pas pu être heureux dans les turpitudes du passé. Vivre avec ce « surplus » d’histoire n’est pas facile. Aussi, c’est un sujet qui colle bien avec la vie et la mémoire des Balkans. » Les organisateurs, ainsi que les représentants locaux souhaitent que le festival perdure et que, comme le propose Slobodan Nešković, adjoint au maire de Sarajevo, une manifestation jumelle puisse se dérouler, à Sarajevo. Car comme le dit Amira Arifović-Harms, chargée d’affaire de l’ambassade de Bosnie-Herzégovine à Belgrade, « nous sommes persuadés que la culture est le meilleur moyen pour permettre aux deux capitales de recréer les liens qui les unissaient, avant les horreurs des années 1990. » |
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