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BIRN
L’Organisation de la Conférence islamique et le Kosovo : l’art de ne pas s’engagerSur la Toile :
Mise en ligne : mercredi 27 mai 2009
L’Organisation de la Conférence islamique (OCI) vient d’adopter une résolution se félicitant de la coopération avec le Kosovo et appelant la communauté nternationale à s’engager en faveur du développement économique du pays. Cette résolution a été favorablement accueillie, aussi bien à Pristina qu’à Belgrade. Si les deux pays crient victoire, ils donnent pourtant des interprétations divergentes de cette résolution.
Pour l’Albanie, qui a rédigé la résolution avec le soutien de l’Arabie Saoudite, celle-ci n’appelle pas les États membres à reconnaitre Pristina. Pour autant, elle mandate le secrétariat de l’OCI à produire un rapport sur les événements relatifs au Kosovo, plaçant ainsi celui-ci au centre de l’agenda permanent de l’organisation. « Nous accueillons la résolution de l’OCI comme une étape historique pour la reconnaissance du Kosovo et pour la paix et la stabilité dans les Balkans », a déclaré le Premier ministre albanais Sali Berisha. Pour son ministre des Affaires étrangères, Lulzim Basha, « l’adoption de cette résolution, qui intervient quelques semaines après la reconnaissance par l’Arabie Saoudite, est le signe d’un nouveau climat entre l’OCI et le Kosovo ». « Le vote de cette résolution, même par des pays qui n’ont pas reconnu le Kosovo, démontre que l’indépendance de cet Etat est une réalité qui ne peut pas être niée et que sa reconnaissance internationale est un processus qui ne peut pas être arrêté » a-t-il ajouté. Le Président du Kosovo, Fatmir Sejdiu, estime pour sa part que la résolution « est un acte crucial pour l’avenir de notre pays et celui de la région dans son ensemble ». Le ministre des Affaires étrangères de Serbie, Vuk Jeremić, s’est félicité d’avoir obtenu des changements de dernière minute après avoir fait pression pendant tout le week-end. De ce fait, la déclaration finale adopte selon lui un « statut neutre ». Il a également affirmé que la Syrie, l’Egypte et l’Azerbaïdjan avaient soumis des amendements afin que le texte ne parle pas de la reconnaissance du Kosovo comme d’un fait accompli. Selon lui, le « statut étatique » du Kosovo n’est pas mentionné dans la résolution. Pour lui, cette résolution représente donc « une nouvelle victoire diplomatique importante pour la Serbie ». Le Kosovo a déclaré unilatéralement son indépendance de la Serbie en Février 2008 et a été reconnu à ce jour par 60 pays, les derniers en date étant l’Arabie saoudite et le Bahrein. |
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