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Tirana Times
Albanie : 250.000 personnes privées de leur droit de vote ?Traduit par Charles Lionack
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Mise en ligne : dimanche 28 juin 2009
Pour voter aux élections de ce dimanche, les électeurs albanais doivent présenter leur passeport ou, à défaut, une nouvelle carte d’identité. Or, selon les propres chiffres du ministère de l’Intérieur. 256.000 personnes n’auraient pas obtenu à temps le précieux document. L’opposition accuse le gouvernement d’avoir privilégié ses sympathisants dans la délivrance des nouvelles cartes d’identité.
Si l’on en croit les derniers chiffres publiés par le ministère de l’Intérieur albanais, quelque 256.000 Albanais ne disposeraient actuellement pas de passeport, ni de nouvelles cartes d’identité, ce qui signifient qu’ils ne pourront voter aux prochaines élections du 28 juin. Le ministère avait annoncé que les quelques 730.000 électeurs albanais, sur un total de trois millions, ne possédant pas de passeports seraient autorisés à voter lors des prochaines élections, à la seule condition de se munir de nouvelles cartes identité. Ces derniers mois, l’opposition a haussé le ton. Elle dénonce le processus de distribution des cartes d’identité, qui a été jusqu’ici pour le moins chaotique. Le gouvernement soutient, pour sa part, que tout le processus se déroule comme prévu, et qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter. En effet, le Parti démocratique a souligné à de nombreuses reprises que la majeure partie des gens n’ayant pas fait leur demande de nouvelles cartes d’identité étaient des migrants qui n’étaient pas revenus en Albanie depuis des années. Le ministère de l’Intérieur a annoncé que 1,4 millions de citoyens avaient déposé leur demande en vu d’obtenir leur nouveau document d’identité, et se défend d’avoir invité les demandeurs à aller récupérer leurs papiers avant dimanche sous peine de se voir refuser de participer aux élections. Force est de constater que le processus de délivrance des nouveaux documents d’identité a été problématique et pourrait avoir un impact négatif sur l’équité du processus électoral. Nulle n’ignore pourtant que ce vote sera observé avec attention par les institutions européennes, et constitue un test déterminant pour la crédibilité démocratique du pays. Il ne fait aucun doute que si les élections se passent dans le calme, librement et dans le respect de la démocratie, l’Albanie franchira un grand pas en vu de sa réhabilitation au sein de la communauté internationale. Ce serait une terrible désillusion si le vote tournait mal. La plupart des élections qui ont eu lieu depuis la chute du communisme en 1990 ont été contestées, les perdants accusant les gagnants d’avoir truqué le scrutin, ou même pire. L’Albanie doit montrer qu’elle est capables de suivre les règles démocratiques occidentales. Voir le scrutin se dérouler dans de mauvaises conditions risquerait d’handicaper non seulement l’Albanie, mais aussi le reste de la région. « Nous suivrons de très près la manière dont les élections seront conduites, », a ainsi déclaré le ministre des Affaires étrangères suédois, Carl Bildt. 1,4 millions d’Albanais attendent toujours leurs papiers d’identité Le ministère de l’Intérieur a déclaré que 1,4 millions d’Albanais avaient fait la demande de nouvelles cartes d’identité qu’ils pourront utiliser dès le 28 juin, jour du vote. Le processus qui a commencé en janvier est depuis devenu une véritable polémique qui occupe l’actualité politique albanaise. L’opposition accuse le gouvernement d’avoir échoué et de ne pas avoir mis tous les moyens en œuvre afin de distribuer le sésame tant désiré à l’ensemble de la population, déclarations qui ont aussitôt été réfutées. L’opposition a ajouté que les autorités exploitaient des centaines de milliers de personnes ne possédants de passeports, en délivrant uniquement de nouvelles cartes d’identité aux électeurs supposés être favorables au gouvernement. |
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