
- Une jeune habitante du Blok 67 (©CdB/Marija Janković)
Plus de 300 maisons de Rroms situées près du nouveau « village universitaire » de Belgrade ont été entourées d’un grillage, pour les isoler des participants aux jeux universitaires, les Universiades.
Pour entrer dans cet enclos, une seule porte, ouverte jusqu’à 19h 30, après la police refuse l’entrée à toute personne. « D’abord, ils ont mis ce grillage et des policiers et puis, d’un seul coup, tous les lampadaires de la rue se sont éteints », raconte Arif Kadrijaj, coordinateur rom pour le camp.
« Là où nous vivons, c’est pire qu’un camp de concentration », ajoute Muharem Redzepi, un autre responsable du camp qui précise que beaucoup d’habitants du camp craignent le pire au moment des jeux.
En tant que ville accueillant les Universiades, Belgrade a fait construire « un village universitaire » appelé Belville, près du quartier rrom. À la suite d’un ordre des services d’inspection de la ville, près de 50 maisons sur 350, construites par les Rroms il y a près de 30 ans, presque toutes illégalement, ont été démolies le 3 avril dernier.
Aucun accord pour une solution permanente n’a été trouvé avec les autorités de la ville pour les maisons encore debout. Selon le bureau d’information de la ville, le maire, Dragan Djilas, vient d’annoncer que les Rroms de ce quartier seraient bientôt relogés.
Des organisations, dont le Comité Helsinki pour les droits de la personne, ont critiqué la mise en place de la clôture grillagée, comparant l’enfermement des Rroms à « une ghettoïsation » et une violation des droits de la personne, selon le quotidien Blic.
« En traitant la minorité rrom de cette façon, la Serbie ne remplit pas ses obligations internationales et ne respecte pas les conventions qu’elle a signées », a déclaré le représentant du Comité Helsinki Goran Milic.



















