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11 juillet 1995 : la Bosnie-Herzégovine et la mémoire du massacre de Srebrenica

Mise en ligne : 2013
Chaque année, la Bosnie-Herzégovine commémoré le 11 juillet le massacre de Srebrenica, et les corps de nouvelles victimes identifiées sont ensevelis au Mémorial de Potočari. En juillet 1995, quelque 8.000 hommes Musulmans, adultes et adolescents, ont été tués en à peine quelques jours par les forces serbes de Bosnie. Le caractère génocidaire de ce massacre a été reconnu par la justice internationale - mais il reste contesté par les autorités de Republika Srpska.

Vient de paraître en traduction française :

Vivre et mourir pour Srebrenica

Un livre de Mihrija Feković-Kulović, Paris, Riveneuve, 2010, 20 euros.


Écoutez sur Balkanophonie :

Srebrenica : les femmes en noir de Belgrade ou le devoir de mémoire
« Vivre et mourir pour Srebrenica », comprenez le 11 juillet 1995


Quelques dates :

Printemps 1992 : Dès les première semaines, le nord-est de la Bosnie passe sous contrôle des forces serbes. Des milliers de Bosniaques se réfugient dans l’enclave de Srebrenica.
Avril 1993 : l’enclave de Srebrenica est proclamé « zone de sécurité » par les Nations Unies.
11 juillet 1995 : la ville tombe aux mains des forces serbes. Plus de 8.000 hommes bosniaques, âgés de 16 à 60 ans sont massacrés. Les femmes, les enfants et les vieillards sont expulsés vers Tuzla.
20 septembre 2003 : Inauguration du mémorial de Potočari
6 février 2007 : la Cour internationale de justice (CIJ), organe de l’Organisation des Nations unies, qualifie le massacre « d’actes de génocide ». Elle considère cependant que la Serbie n’est pas responsable de ce génocide, même si elle n’a rien fait pour l’empêcher.
juin 2007 : une plainte est déposée par le cabinet d’avocats Van Diepen & Van der Kroef, au nom des survivants et parents des victimes de Srebrenica, contre les Pays-Bas et les Nations Unies pour non-respect d’obligations contractuelles, « échec à prévenir un génocide » et « non-déclaration de crimes de guerre ».
26 mai 2011 : Ratko Mladić, le « boucher de Srebrenica » est arrêté dans le nord de la Serbie.
5 juillet 2011 : la justice hollandaises juge les Pays-Bas coupables de la mort de trois civils à Srebrenica.

Identification des victimes :

La liste préliminaire des personnes disparues compte 8.373 noms. En juillet 2009, 6.186 victimes avaient été identifié par l’analyse ADN des restes humains trouvé dans les charniers et 3.647 victimes inhumées au mémorial de Potočari.

Quelques acteurs :

Radislav Krstić : général serbe de Bosnie qui a mené l’assaut sur Srebrenica aux côtés de Ratko Mladić, est condamné le 2 août 2001 par le TPIY à 46 ans de prison pour génocide et autres crimes. L’accusation de génocide est rejetée en appel, mais le tribunal retient une charge de complicité de génocide et condamne Krstić à 35 ans de prison le 19 avril 2004. En décembre 2004, il est transféré au Royaume-Uni où il purge sa peine.

Zdravko Tolimir, général serbe, a été arrêté près de la frontière entre la Serbie et la Republika Srpska. Le TPIY avait inculpé Zdravko Tolimir, en février 2005, de crimes contre l’humanité et de crime de guerre pour « le meurtre, l’expulsion et les traitements cruels » commis contre les populations musulmanes de Bosnie des enclaves de Srebrenica et de Žepa.

Radovan Karadžić, ancien président de la Republika Srpska, a été arrêté à Belgrade par les services secrets serbes le 21 juillet 2008. Son procès est en cours devant le TPIY.

Ratko Mladić a été arrêté le 26 mai 2011 près de Belgrade. Il a été transféré devant le TPIY et son procès est en cours.

Naser Orić, commandant bosniaque de la défense de Srebrenica, accusé par le TPI, initialement condamné à deux ans de prison, il a été acquitté en appel le 3 juillet 2008.