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Alternatives au gaz russe : Bucarest signe l’accord sur le gazoduc NabuccoTraduit par Ramona Delcea
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Publié dans la presse : 13 juillet 2009
Mise en ligne : mardi 14 juillet 2009
Le Premier ministre roumain Emil Boc a signé, lundi 13 juillet à Ankara, l’accord intergouvernemental et la déclaration politique des participants au projet de gazoduc Nabucco. Estimé à près de 8 milliards de dollars, l’accord prévoit l’acheminement de 31 milliards de m3 de gaz par an de la mer Caspienne vers l’Union européenne (UE) et devrait constituer une alternative efficace au gaz russe. Les travaux débuteront en 2011.
Par Ciprian Mai
« Le projet Nabucco revêt une importance particulière en matière de sécurité énergétique et ce aussi bien pour la Roumanie, que pour d’autres pays membres de l’UE », a-t-il déclaré. « C’est bien la raison pour laquelle la Roumanie participera à la cérémonie de signature de l’accord et souhaite montrer tout son soutien pour la mise en œuvre de ce projet si important pour la diversification des sources de transport et des hydrocarbures. » La mise en œuvre du projet sera, selon le Premier ministre roumain, un exemple concluant de collaboration entre l’UE et les pays de transit, en l’occurrence, les producteurs de la région caspienne et du Moyen Orient. Le Premier ministre a donc signé à Ankara l’accord intergouvernemental et la déclaration politique des cinq pays participants à la mise en œuvre du projet. La signature de l’accord est l’une des dernières étapes avant le lancement des recherche de financements et la mise en œuvre effective du projet. Il y a sept ans, après un premier accord de coopération pour la création d’un consortium destiné à mener une étude de faisabilité du gazoduc avait été signé à Vienne. L’accord d’Ankara, qui rassemblait autour de la table le président de la Commission européenne, José Manuel Barosso, ainsi que l’envoyé spécial pour l’énergie en Eurasie pour les États-Unis, valide l’acheminement de gaz provenant d’Azerbaïdjan, d’Asie Centrale, d’Iran, d’Égypte et de Turquie jusqu’en Europe.
Le gazoduc devrait traverser la Turquie sur une distance d’environ 2000 km et Ankara espère ainsi empocher 60% du bénéfice des taxes annuelles générées par le gazoduc. Le début des travaux est prévu pour 2011 et il faudra attendre 2014 pour que le premier mètre cube de gaz soit acheminé vers l’Europe. Dans un délai de six mois après la signature de l’accord, le consortium Nabucco devra préparer des accords de soutien avec chacun des États impliqués. Les autorités turques ont confirmé que ces accords couvriront les questions liées à la protection de l’environnement, aux assurances, aux droits de propriété et aux transferts de devises étrangères. La Russie n’est pas écartée En matière de financement, la Banque européenne d’investissement (BEI) pourrait financer le projet à hauteur de 25% des coûts. La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) a également affiché son intérêt pour le projet. Selon les autorités turques, Nabucco serait l’alternative la plus réaliste, car son coût est estimé à 8 milliards d’euros, face aux 20 milliards que devrait coûter le projet concurrent South Stream. Même si la Russie a décidé de développer son projet South Stream, d’une capacité de 63 milliards de mètres cubes par an, sa participation dans le cadre de Nabucco n’est visiblement pas écartée. « La Russie est libre de participer au ravitaillement en gaz de Nabucco et les pays impliqués dans le projet devront l’accepter en tant que partenaire », a déclaré l’envoyé spécial américain pour l’énergie en Eurasie, Richard Morningstar, cité par l’agence Reuters. De même, l’envoyé spécial a réitéré l’opposition des États-Unis face à l’approvisionnement en gaz de provenance d’Iran après l’annonce faite par la Turquie sur la possibilité de faire participer Téhéran à l’opération. |
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