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B92

Une vague de grèves secoue la Serbie

Traduit par Jean-Arnault Dérens
Sur la Toile :
Publié dans la presse : 14 août 2009
Mise en ligne : dimanche 16 août 2009
32 à 33.000 travailleurs, employés dans 29 entreprises différentes, sont actuellement en grève en Serbie. Les grévistes sont tentés par des formes d’action toujours plus radicales. Selon les données officielles, quelque 180.000 employés ne touchent plus leurs salaires depuis des mois.
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Les employés de l’usine Ravanica de Ćuprija refusent la privatisation

Depuis le début de l’année, 51 entreprises de Serbie ont été en grève. Le gouvernement a formé un groupe de travail qui devrait communiquer une série de mesures pour limiter les effets de la crise. Les grévistes sont de plus en plus nombreux, de plus en plus déterminés et radicalisés.

Samedi soir, le ministre du Travail et de la politique sociale, Rasim Ljajić, invité de la télévision B92, a déclaré que le gouvernement adopterait un ensemble de mesures en faveur des travailleurs en mauvaise situation sociale et matérielle, lors de sa session du 27 août ou, au plus tard, le 3 septembre. Il a cependant souligné qu’il ne fallait pas s’attendre à ce que ces mesures « règlent tous les problèmes ».

En avril dernier, un employé du combinat textile Raška de Novi Pazar, Zoran Bulatović, s’est coupé un doigt et l’a mangé en signe de protestation. Peu après, les employés ont commencé à toucher de nouveau leur paye (lire notre article « Serbie : à Novi Pazar, le textile n’est plus à la mode »).

Ces derniers mois, les travailleurs de l’usine Partizan de Kragujevac ont fait une grève de la faim. Les travailleurs de l’entreprise 1er mai de Lapovo se sont couchés sur les rails pour bloquer les trains, ceux de Zastava Elektro de Rača se sont opposés durant six mois à un projet de privatisation avant de monter à Belgrade.

« La perte du travail est un événement très traumatisant sur un plan individuel, qui provoque du stress. Nos enquêtes et celles menées à l’étranger confirme le lien entre la perte de l’emploi et la hausse de la dépression, de l’anxiété, d’un mauvais état de santé général, de comportements violents », explique Svetlana Čizmić, psychologue du travail. « Les grèves sont radicales, parce que les gens sont dans une situation très difficiles », ajoute-t-elle.

Dans tous les mouvements de grève actuels, les mêmes revendications sont mises en avant : le paiement des salaires en retard depuis des mois, la reprise de la production arrêtée.

« Le fait est que les gens se sentent plus forts dans les mobilisations, quand ils sont en groupe », ajoute la psychologue Jasna Veljković. « En réalité, les problèmes sont toujours les mêmes. La substance est celle-ci : aidez-nous à survivre, aidez-nous à défendre notre droit au travail pour que nous puissions vivre normalement ».


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