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BIRN
Bosnie-Herzégovine : des manoeuvres de l’Otan qui inquiètentTraduit par Basile Perret
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Publié dans la presse : 18 août 2009
Mise en ligne : samedi 22 août 2009
L’Otan organise un exercice militaire du 4 au 17 septembre dans la base militaire de Kozara, près de Banja Luka. En Bosnie, l’inquiétude grandit depuis que certains médias et dirigeants bosniens ont déclaré que ces manoeuvres de l’Otan cacheraient en réalité des opérations de surveillance et de contrôle du territoire.
« Il ne fait aucun doute que l’Otan est extrêmement puissante d’un point de vue politique et militaire, et qu’elle peut imposer ce qu’elle décide. Mais, pour le moment, je ne pense pas qu’il y ait de conspiration de l’Otan contre la République serbe ou la Bosnie-Herzégovine », a déclaré Petar Đokić, président de la commission relative à la sécurité intérieure de la République serbe au Parlement. L’exercice, surnommé « Joint Endeavor », aura lieu du 4 au 17 septembre sur le site de la base militaire de Kozara, près de Banja Luka, le siège de l’administration de la République serbe de Bosnie. Pour la première fois, un exercice annuel de l’Otan aura lieu dans un pays qui n’en est pas membre. L’Otan a décidé de tenir ce programme d’entraînement en Bosnie-Herzégovine pour affirmer son soutien au pays et à son processus d’adhésion. La déclaration de Đokić vise à dissiper les craintes de la population face à certains propos tenus par des hommes politiques bosniens et relayés par les médias. Selon eux, l’Otan aurait un programme secret qui motiverait le choix d’organiser l’exercice près de Banja Luka. Des dirigeants de la République serbe et de la Fédération bosnienne ont en effet affirmé que l’Otan cherche, avec cet exercice, à détecter, voire même contrôler, les installations de surveillance présentes sur le territoire de la République serbe de Bosnie. Certains affirment que l’Otan pourrait se servir de l’exercice pour localiser les dépôts d’armes et de munitions. Pour d’autres, il s’agit pour l’Organisation d’accroître la pression politique sur les dirigeants de la République serbe et de Belgrade. Il y en a qui ont même affirmé que l’Otan cherchait à destituer et arrêter Milorad Dodik, le Premier ministre de la République serbe. Ces rumeurs reflètent les tensions qui agitent toujours la Bosnie-Herzégovine. Ces trois dernières années, le pays a dû faire face aux crises politiques les plus destructives et affaiblissantes depuis la guerre de 1992-95. Selon des responsables bosniens et internationaux, la classe dirigeante de la République serbe et son Premier ministre - qui a menacé à plusieurs reprises de déclarer l’indépendance de l’entité serbe - sont responsables de cette situation. « Cet exercice a des implications sur les relations internes et externes à la Bosnie-Herzégovine. Mais je ne pense pas qu’il doive être considéré de la sorte », a déclaré Đokić face à la médiatisation des spéculations de certains. Il a ajouté que grâce à l’Otan, la Bosnie est plus sûre. Le pays a rejoint le programme de l’Otan pour la paix en décembre 2006 et développe actuellement un partenariat individuel avec l’Alliance transatlantique dans le but de développer leur coopération. En avril 2008, la Bosnie-Herzégovine a été invitée à entamer un dialogue plus intense à propos de ses aspirations d’adhésion et des reformes à effectuer dans ce dessein. |