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Le Courrier des Balkans

Moldavie : confusion autour de la démission de Vladimir Voronine

Par Mehdi Chebana
Sur la Toile :
Mise en ligne : jeudi 3 septembre 2009
Vladimir Voronine aurait annoncé mercredi son intention de démissionner de ses fonctions de président par intérim de la République moldave. L’information a toutefois été démentie par plusieurs responsables du Parti des communistes. Cette nouvelle inconnue ne simplifie pas la situation politique dans la petite république, où les élections du 29 juillet n’ont dégagé aucune majorité claire.
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Vladimir Voronine

Vladimir Voronine aurait annoncé, mercredi lors d’une réunion du Parti des communistes (PCRM), qu’il comptait renoncer à ses fonctions de président par intérim pour siéger au Parlement en tant que simple député, rapporte jeudi la presse moldave proche de l’opposition.

« Je n’ai pas l’intention, en cette période critique pour la patrie, de rester en situation douteuse et ambiguë de président par intérim », aurait déclaré le dirigeant communiste, cité par le quotidien Timpul. « Je vais au Parlement comme simple député ».

L’information diffusée mercredi midi par l’agence de presse Omega, pourtant proche du pouvoir, a aussitôt été démentie par plusieurs responsables communistes dont la porte parole du parti Svetlana Ivanova et le député Vladimir Ţurcan. Ce dernier a assuré au quotidien Flux qu’il n’avait jamais été question de démission. L’agence Omega a effacé la dépêche de son site Internet un peu plus tard dans la journée.

Plusieurs agences de presse internationales ont, elles aussi, repris l’information sans évoquer les démentis répétés des responsables communistes.

Jeudi matin, la direction du PCRM n’était pas joignable par téléphone et les journaux proches du pouvoir, dont le très populaire Comunistul, ne faisaient pas cas de la démission annoncée du président moldave.

« De toute façon, quand un président démissionne, il doit l’annoncer devant le Parlement », souligne Nicolae Dabija, écrivain et journaliste proche de l’opposition, sollicité par Le Courrier des Balkans. « C’est notre Constitution qui l’y oblige. À compter du 14 septembre, Vladimir Voronine ne pourra plus cumuler les fonctions de député et de Président. Par la force des choses, il sera obligé de faire un choix ».

S’il abandonne sa fonction de président par intérim au profit de son mandat de député, Vladimir Voronine laissera automatiquement sa place au libéral Mihai Ghimpu. Élu la semaine dernière à la tête du Parlement, ce dernier dirigera alors le pays en attendant l’élection du prochain chef de l’État.

« Tout porte à croire que Vladimir Voronine va se cramponner au pouvoir même en tant que simple député », estime Nicolae Dabija. « Il restera une personnalité incontournable de la scène politique moldave en tant que président du Parti des communistes. Il a tout à fait les moyens de tirer les ficelles du jeu politique dans les rangs de l’Assemblée et pourquoi pas de débaucher certains députés d’opposition ».

Dans un entretien exclusif accordé au printemps à la revue Politique internationale et au Courrier des Balkans ( lire l’entretien ), le président moldave avait confié vouloir continuer de peser dans la vie politique du pays.

« Ce qui est sûr, c’est que je resterai à la tête du Parti communiste puisque j’ai été élu en mars 2008 pour quatre ans », avait-il déclaré. « D’un point de vue personnel, vous imaginez bien que mes deux mandats présidentiels me suffisent amplement. Je pourrais devenir député de base, mais pour le moment c’est une simple hypothèse ».

Une crise politique sans précédent

Les législatives du 5 avril n’ont pas donné aux communistes suffisamment de sièges pour que leur leader Vladimir Voronine, qui ne pouvait prétendre à un troisième mandat présidentiel, puisse faire élire le successeur qu’il s’était choisi.

L’annonce des résultats a été suivie d’émeutes au cours desquelles les sièges de la Présidence et du Parlement ont été mis à sac par une partie de la jeunesse, descendue dans les rues pour dénoncer une fraude massive.

Échouant à deux reprises à élire un nouveau président pour le pays, l’Assemblée fraîchement élue a dû être dissoute. De nouvelles élections, organisées le 29 juillet, ont donné aux partis d’opposition plus de sièges qu’aux communistes, mais il leur en manque aujourd’hui huit pour faire élire leur propre candidat.

L’Alliance pour l’intégration européenne, qu’ils ont fondé après leur victoire, a proposé le mois dernier pour ce poste le chef du Parti démocrate, Marian Lupu, transfuge du PCRM. Elle a un mois pour le faire élire. Si elle échouait, de nouvelles élections législatives seraient organisées en 2010.