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Le Courrier des Balkans
Football : le Sheriff de Tiraspol neutralise le Steaua à BucarestDe notre correspondant à Bucarest
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Mise en ligne : vendredi 18 septembre 2009
Le club phare de la république séparatiste de Transnistrie a décroché, jeudi soir, un précieux nul face au Steaua Bucarest (0-0), réussissant ainsi son entrée dans la phase de poules de la Ligue Europa. Cette performance inattendue a accéléré l’éviction de l’entraîneur du club roumain qui était contraint de jouer ce match à huis clos. Plus tôt dans la soirée, des incidents avaient éclaté à Belgrade entre des supporters du Partizan et leurs homologues toulousains.
Par Mehdi Chebana
L’indétrônable champion moldave contre le club le plus titré de Roumanie. L’affiche était alléchante. Et pourtant, dans un stade Ghencea privé de supporters, la rencontre entre le Sheriff Tiraspol et le Steaua Bucarest a été d’un rare ennui. Aucun coup d’éclat offensif en première mi-temps, un petit quart d’heure d’animation en seconde période. Résultat : match nul 0-0. Pour sa première apparition en phase de poules de la Ligue Europa, le Sheriff a intelligemment opté pour une stratégie défensive, cadenassant le jeu en milieu de terrain et osant de timides percées dans la surface adverse. Le club phare de la métropole transnistrienne repart donc de Bucarest avec un point précieux. « C’est un bon résultat pour nous », s’enthousiasme l’attaquant sénégalais Amath Diedhiou, l’un des quatre joueurs francophones de Tiraspol. « Le Steaua est un grand club, on jouait à l’extérieur et on faisait nos premiers pas à ce niveau d’une compétition européenne. On voulait gagner, certes, mais la performance est loin d’être mauvaise ! ». Habitué des rendez-vous européens, vainqueur de la Coupe d’Europe des clubs champions en 1986, le Steaua faisait figure de favori jeudi soir. Pourtant, l’ancien club de l’armée roumaine n’a jamais trouvé la solution face à un adversaire solide sur les plans physique et tactique. Pour ne rien arranger, le club était condamné par l’UEFA à jouer ce match à huis clos, après les incidents qui ont émaillé la rencontre contre l’Ujpest Budapest au 2e tour préliminaire de la compétition. « Les Moldaves ont fermé le jeu, ils ont cassé le rythme avec des passes longues qui ne nous ont pas fait du bien », analyse Cristiano Bergodi, l’entraîneur du Steaua. « Pour autant, on ne peut pas dire que nos joueurs se soient laissés aller. Il ne faut pas faire un drame parce qu’on n’a pas gagné ». Loin de partager ces propos optimistes, le sulfureux propriétaire du Steaua, Gigi Becali, a décidé de démettre l’entraîneur italien de ses fonctions.« Mihai Stoichita est le nouvel entraîneur et conduira son premier entraînement aujourd’hui », a-t-il déclaré vendredi matin à l’agence de presse Newsin. Le football est roi en terre léniniste Inconnu au niveau européen, le FC Sheriff Tiraspol a remporté tous les championnats de Moldavie depuis 2001 et compte parmi les clubs les mieux dotés d’Europe centrale. Des joueurs brésiliens, argentins, russes et africains achetés pour une bouchée de pain puis revendus au prix fort, un stade ultra-moderne homologué UEFA, un sponsor (Adidas) qui est l’une des seules firmes occidentales autorisées sur le territoire séparatiste... On est bien loin de la nostalgie léniniste promue par les autorités de Tiraspol. Le Sheriff évolue dans le championnat moldave depuis sa création en 1997 et ce malgré le conflit qui oppose depuis 18 ans la région séparatiste au pouvoir central de Chişinău. Les autres résultats Dans les autres matchs de la soirée, les clubs roumains ont tous réalisé de bonnes performances. Le FC Timisoara est allé chercher un match nul probant sur la pelouse de l’Ajax Amsterdam (0-0), le Dinamo Bucarest s’est imposé 1-0 face aux Autrichiens du Sturm Graz, tandis que le CFR Cluj a battu le FC Copenhague 2-0. De son côté, le Dinamo Zagreb a été battu à domicile par les Belges d’Anderlecht 2-0. Enfin, le Partizan Belgrade a subi la loi du Toulouse FC (3-2), qui avait pourtant laissé bon nombre de ses titulaires au repos. Le résultat sportif reste pourtant anecdotique au regard du drame qui s’est déroulé avant le match, où une trentaine de supporters du Partizan s’en sont pris à leurs homologues toulousains, aux abords de l’Irish Pub de Obilićev Venac. Selon la chaîne de télévision B92, un supporter français de 28 ans serait actuellement entre la vie et la mort, gravement blessé à la tête et à la poitrine. Un autre supporter français, ainsi qu’un employé serbe du Pub ont eux aussi été admis aux urgences, avec des blessures moins graves. |
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