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BIRN
Bosnie : la ville de Tuzla porte plainte contre Milorad DodikTraduit par Basile Perret
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Publié dans la presse : 25 septembre 2009
Mise en ligne : lundi 28 septembre 2009
La ville de Tuzla, en Bosnie-Herzégovine, a porté plainte contre Milorad Dodik, le Premier ministre de la Republika Srpska, qui a publiquement nié les massacres de civils commis à Tuzla et Sarajevo durant la guerre.
Milorad Dodik a déclaré que l’histoire de l’attaque serbe au mortier qui a tué 71 personnes à Tuzla est un mythe. Les corps des prétendues victimes auraient été amenées sur place pour faire croire à une agression de l’armée serbe sur le zone de sécurité protégée par les forces de l’ONU. « Ce massacre est la pire tragédie de l’histoire de la ville de Tuzla. Les propos aberrants et arrogants de monsieur Milorad Dodik ont provoqué la stupeur du Conseil municipal et des habitants », a déclaré le maire de la ville, Jasmin Imamović, à l’agence de presse Reuters. Jasmin Imamović a précisé que plusieurs charges criminelles avaient été retenues contre Milorad Dodik. Ainsi, il est poursuivi pour incitement à la haine ethnique, raciale et religieuse. Le 25 mai 1995, les forces serbes de Bosnie ont bombardé Tuzla, qui était alors une zone de sécurité protégée par les forces armées de l’ONU. Un obus tiré sur le centre-ville avait tué 71 personnes et blessé plus de 150. Cette année, le tribunal bosnien pour les crimes de guerre a condamné Novak Djukić, ancien responsable militaire serbe, à 25 ans de prison. Il a été reconnu coupable de crimes de guerre, violation du droit international et des conventions de Genève sur la protection pour avoir ordonné les tirs d’obus sur Tuzla. Milorad Dodik a remis en cause ce jugement. Selon lui, Novak Djukić serait innoncent. Le Premier ministre de la Republika Srpska estime également que les tirs d’obus de 1994 et 1995 sur le marché de Markale, à Sarajevo, ne sont pas l’oeuvre de l’artillerie serbe. Une déclaration du Bureau du Haut Représentant a condamné ces propos négationistes. « Toutes tentatives de falsification historique concernant les crimes de guerre sont inacceptables et inexcusables. Lorsqu’elles émanent d’un acteur politique qui non seulement occupe un poste à haute responsabilité, mais doit aussi respecter les accords de paix de Dayton et coopérer avec le Tribunal Pénal International, elles sont particulièrement irresponsables ». |
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