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Grèce : « En prison, il aura encore l’occasion de travailler avec des immigrés »

Traduit par Pierre Sintès
Sur la Toile :
Publié dans la presse : 20 octobre 2009
Mise en ligne : mardi 27 octobre 2009
Samedi 17 octobre, deux hommes ont été arrêtés à Athènes. Un migrant qui se faisait agresser par un passant et un sociologue qui demandait aux policiers de cesser de frapper le migrant déjà immobilisé au sol. Immédiatement placés en garde à vue, ils ont été présentés à un juge dès le lendemain. Ils ont fait appel et finalement obtenu d’être jugés jeudi 29 octobre.

Par Anguéliki Dimopoulou

« En prison, il aura encore l’occasion de travailler avec des immigrés. » Voilà la réponse qu’a reçu l’avocat de Dimitris Parsanoglou quand il a mis en avant que son client avait, pour des raisons professionnelles, une sensibilité particulière concernant la condition des migrants.

M. Parsanoglou a été arrêté après s’être plaint du tabassage d’un immigré par des policiers,

Lundi après-midi, le sociologue et le migrant ont été relâchés après avoir été arrêtés samedi soir dans le quartier d’Omonia (centre d’Athènes). Ils ont utilisé la possibilité de refuser une comparution immédiate pour outrage et refus de soumission à l’autorité, et ont demandé le report de du jugement de l’affaire afin de pouvoir faire témoigner de nouveaux témoins. Le procès aura lieu le 29 octobre prochain. Les deux policiers ayant procédé à l’arrestation seront aussi appelés à comparaître en qualité de témoins.

Les faits qui ont amené à la mise en examen de Monsieur Dimitris Parsanoglou et du migrant africain se sont produits samedi 17 octobre à 19h30, au croisement des rues Panepistimiou et Thémistokleous, dans le quartier d’Omonia. Un homme en civil se battait alors avec le migrant africain en présence d’un assez grand nombre de personnes.

Par la suite, deux policiers en uniforme sont arrivés et ont immobilisé le migrant, en le frappant et en le plaquant au sol. Monsieur Parsanoglou est alors intervenu, demandant à la police de cesser de frapper l’homme dès lors qu’il était déjà immobilisé. Résultat, il a été arrêté à son tour pour outrage et insoumission à l’autorité, bien qu’il n’ait opposé aucune résistance.


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« Les deux interpellés ont été conduits au commissariat de Kalidromiou, où ils ont été retenus samedi soir. Dimanche, ils ont été présentés au juge qui a refusé de libérer les deux hommes. Ils ont été ramenés au commissariat où ils ont passé la nuit de dimanche. Finalement, lundi midi, ils ont été conduits au tribunal d’Evelpidon pour une comparution immédiate. Ils ont obtenu finalement le renvoi du procès au 29 octobre ».

Dimitris Parsanoglou est professeur de sociologie. Ses thèmes de recherche portent sur les questions migratoires, il a d’ailleurs réalisé différentes études pour l’Institut de la politique migratoire. Il est également titulaire d’un doctorat de sociologie de l’École des Hautes études en sciences sociales de Paris (EHESS) intitulé « Grèce, pays d’immigration. Perspectives historiques et sociologiques », effectué sous la direction de Nancy Green.


Pour signer la pétition de soutien, cliquez sur le lien ci-dessous :
Stop police violence against migrants and activists in Greece