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TPI : Karadžić joue la chaise vide à son procès

Traduit par Jacqueline Dérens
Sur la Toile :
Publié dans la presse : 27 octobre 2009
Mise en ligne : jeudi 29 octobre 2009
Le procès de Radovan Karadžić a finalement commencé mardi 27 octobre. En l’absence du prévenu, les remarques préliminaires ont été exposées. L’accusation cherche à prouver la responsabilité de Radovan Karadžić au début du conflit en tant que chef militaire et commandant suprême des Serbes de Bosnie-Herzégovine. Le procureur du TPI a annoncé que le procès reprendrait le 3 novembre.

Le premier jour du procès de Radovan Karadžić a débuté en l’absence du prévenu. Dans ses remarques préliminaires, Alan Tiger, procureur du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), a voulu démontrer que Radovan Karadžić avait le plein contrôle de l’armée de la Republika Sprska et qu’il était l’ordonnateur de la campagne de bombardements et de tirs de snipers sur la ville de Sarajevo dans « le but de terroriser la population ».

L’énoncé de ces remarques préliminaires a duré six heures. Alan Tiger a annoncé qu’il poursuivrait cet énoncé le lundi 6 novembre.

L’accusation va chercher à prouver que le Parti démocratique serbe (SDS), dirigé par Radovan Karadžić, avait mis en place dès le début de la guerre en Bosnie-Herzégovine « la police et l’armée du peuple serbe avec pour but d’en faire deux forces importantes ».

« La police dirigeait des camps de détention, le camp d’Omarska près de Prijedor et celui de Kula près de Sarajevo. Cette police a commis des crimes comme le massacre du Mont Vlasic où 200 civils ont été tués… Il y avait des camps de détention dans toutes les municipalités pour parquer les Croates et les Musulmans de Bosnie. Dans ces camps, les détenus étaient soumis aux humiliations, aux mauvais traitements, aux viols, à la terreur et à la mort », a déclaré Alan Tiger.

« Au cours de la guerre, l’Armée populaire yougoslave (JNA) et Slobodan Milošević ont apporté un soutien militaire, financier et de personnel pour aider la guerre qui se menait en Bosnie-Herzégovine. Du personnel était formé en secret dans les locaux de la JNA et celle-ci payait les salaires des officiers », a plaidé le Procureur.

Dans ses remarques préliminaires, Alan Tiger a prêté une attention particulière aux « Buts stratégiques du peuple serbe » adoptés par le Parlement du peuple serbe de Bosnie et Herzégovine le 12 mai 1992.

Ces six points stratégiques définissaient les buts ultimes du peuple serbe de Bosnie et Herzégovine. Le premier était de séparer le peuple serbe des deux autres communautés, les Croates et les Musulmans. Un autre but était d’établir des frontières pour « les territoires du peuple serbe » entre les rivières Drina, Una et Neretva. Un troisième était d’assurer la partition de Sarajevo en une partie serbe et une partie musulmane, et d’assurer un accès à la mer pour la Republika Srpska de Bosnie-Herzégovine.

« L’armée de la Republika Sprska a commencé à agir pour atteindre ces buts au tout début du conflit. L’opération a débuté par un bombardement massif des villages, suivi par une intervention de l’infanterie. En général, il n’y avait pas beaucoup de résistance. Ensuite les prisonniers croates et musulmans ont été transférés dans des camps », a expliqué le Procureur.

Alan Tiger a ajouté que les échanges de prisonniers se faisaient avec « la pleine et entière connaissance des hautes autorités et la direction du SDS », mais les autorités serbes échangeaient des civiles non-serbes pour des soldats des VRS (Armée de la République serbe).

L’accusation a produit des documents attestant l’existence « d’une coordination des opérations militaires pour atteindre les buts stratégiques. Radovan Karadžić était de jure et de facto le chef militaire et le commandant suprême du peuple serbe de Bosnie et Herzégovine.

La Chambre a annoncé que si Radovan Karadžić ne se présentait pas devant le tribunal à la prochaine audience, un statut de conférence sera donné au procès à partir du 3 novembre pour la poursuite de la procédure « en l’absence du prévenu ».