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L’Albanie choquée par le sort réservé à des handicapées mentales

Traduit par Mandi Gueguen
Sur la Toile :
Publié dans la presse : 29 octobre 2009
Mise en ligne : mercredi 4 novembre 2009
Les Albanais viennent de découvrir, choqués, l’histoire terrible de deux sœurs malades mentales qui ont passé les 22 dernières années enchaînées dans une niche de chien. Des enfants, également handicapés mentaux, connaissent aussi un tel sort. Le Président de la République a vivement réagi, soulignant les responsabilités des autorités, et la nécessité de faire évoluer la situation des femmes dans le pays.

Par Erjon Ajazi

C’est leur propre père qui les avait réduites à cet état après la mort de sa femme. Ce dernier a prétexté qu’elles étaient agressives et que c’était un moyen de les maîtriser. Par ailleurs, le père percevait les allocations pour ses deux filles, qui n’ont jamais été suivies par un travailleur social ou un médecin . C’est un habitant du village, connaissant la situation des deux femmes, quadragénaires, qui a dénoncé les faits aux autorités.

Le Président Bamir Topi a réagi après l’annonce de cette nouvelle en appelant à ce que l’émancipation et le progrès dépassent le seul centre de Tirana et que les zones rurales profondes évoluent dans ce sens. Très sensible au traitement réservé aux femmes et aux enfants dans les zones pauvres du pays, le Président albanais a participé à une conférence sur le renforcement du rôle des femmes dans les zones rurales. Il a profité de sa présence pour exprimer son indignation à propos du cas des deux sœurs du village de Maqellare, près de Dibra.

« Personne ne peut justifier cette attitude, à commencer par le pouvoir central ou les autorités locales. C’est inacceptable et révoltant », a-t-il affirmé. Ce fait divers terrible n’est pas le premier de son genre. Récemment les médias ont découvert la situation d’un enfant enchaîné, lui aussi, au lieu d’être suivi dans un hôpital psychiatrique pour qu’il soit pris en charge par des spécialistes. Cela se passait dans le village de Levan, près de Fier.

La répétition de tels cas risque de donner une bien mauvaise image d’une Albanie qui, au lieu de respecter les droits de la personne, enchaîne les personnes handicapées mentales. Le Président a souligné le fait que le rôle de la femme en Albanie est relégué au second plan. « La question du rôle de la femme est présente partout, elle concerne tous les domaines de la vie et de la société avant de toucher de plein fouet les perspectives politiques elles-mêmes », a souligné le Président albanais.

Concernant la participation féminine dans les postes de direction, Bamir Topi a ajouté que les femmes qui occupent des postes à responsabilité ne bénéficient d’aucun soutien de la part des politiques. « Ces femmes connaissent des difficultés. Bien sûr, elles ne sont pas les seules dans ce cas, mais elles ont besoin d’être soutenues par la société. La société albanaise et l’opinion publique ont encore des progrès à faire dans ce sens », a souligné le Président. Sans évoquer de chiffres ni de statistiques, qui n’ont jamais été faites , le Président Bamir Topi a conclu en disant que la question de la parité représentait un élément capital des développements politiques et institutionnels en Albanie.